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La grande parade de la Suisse digitale
 
Le 23-11-2017
de MicroTech Industry® - News des expositions

La première Journée nationale du numérique, imaginée par Doris Leuthard, a touché mardi des milliers de personnes. Sans dissiper tous les doutes.

Non! Personne ne pourra prétendre que la Suisse a négligé la numérisation de notre société. Dans toute la Suisse, des pouvoirs publics, des magistrats divers et variés, des associations se mobilisent pour que la population prenne conscience des enjeux. Mardi, dès l’aube, la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, les chefs des Départements fédéraux de l’économie et de l’intérieur, Johann Schneider-Ammann et Alain Berset, ont eux-mêmes mis la main à la pâte. C’était la célébration de la première Journée suisse du numérique.

Les représentants d’une quarantaine d’entreprises, membres de l’association Digitalswitzerland, sont allés à la rencontre de la foule dans les gares de Zurich, de Genève, de Coire et de Lugano. Souvent pour entendre des questions du genre: «Serons-nous bientôt dirigés par des robots? Les machines deviennent-elles réellement intelligentes?»

L’objectif de l’évènement de mardi s’avérait aussi simple qu’ambitieux: «Rendre le virtuel concret et faire connaître les opportunités de la numérisation.» Mais, dans l’ampleur du brouhaha, s’est-on soucié d’une toute première véritable explication?

La numérisation consiste à convertir des informations provenant d’un texte, d’une image, d’une vidéo, d’un enregistrement sonore ou d’un signal électrique en données que des dispositifs informatiques peuvent traiter, déchiffrer, voire reconstituer. Les données numériques apparaissent souvent comme des listes de caractères et de nombres représentant des informations. À titre de synonyme, le terme digitalisation (digit, en anglais, signifiant chiffre) revient souvent.

Lucidité de la présidente

Au-delà de cette définition certes fort superficielle, la compréhension des nouveaux processus technologiques dépend en grande partie de leur utilisation, puis d’une réelle familiarisation. Et tout indique que cela ne sera pas facile pour tout le monde. «Tout changement fait des gagnants et des perdants», prévient déjà la présidente de la Confédération.

Une étude d’UBS, publiée au début du mois, semble déjà confirmer la lucidité de la magistrate démocrate-chrétienne. Une nette majorité des 2500 entreprises suisses interrogées par la première banque du pays ne prête pas ou fort peu d’attention au processus en cours (voir infographie). «En comparaison internationale, la Suisse a un certain retard à rattraper», constate le cabinet d’audit EY (Suisse).

Dans ce contexte, la présidente du Conseil d’État vaudois, Nuria Gorrite, tire avant tout la sonnette d’alarme sociale: «L’illettrisme numérique constitue un risque de déclassement social pour des employés.» Le chef du Département genevois de la sécurité et de l’économie, Pierre Maudet, ne manque pas non plus de promouvoir la numérisation et les fintechs (entreprises spécialisées dans les technologies financières). Ses efforts visant avant tout à ériger son canton en un centre majeur de la gestion de fortune dans le monde.

Programmation d’un robot

Quelques grands acteurs de la première Journée suisse du numérique se sont davantage rapprochés des forces de l’avenir et de l’innocence. L’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) a ainsi accueilli sur son campus des élèves de 5e à 8e du primaire et de 9e à 11e du secondaire. À cette occasion, l’initiation à la programmation d’un robot mBot, la visite du Musée Bolo et d’ArtLab ont rencontré un franc succès.

«L’illettrisme numérique constitue un risque de déclassement social pour des employés.»
Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’État vaudois

À Genève, place Bel-Air, Credit Suisse proposait à de tout jeunes futurs clients un spectacle au titre alléchant: Voyage à travers le monde numérique de l’argent. Sa grande rivale, UBS, traitait une question cruciale dans cinq de ses agences du bout du Léman: la sécurité. «Nos clients ne faisant encore aucun usage de prestations bancaires numériques invoquent toujours la sécurité comme l’un des principaux motifs de leurs réticences.»

Tout changement fait des gagnants et des perdants.
Doris Leuthard, Présidente de la Confédération

Afin d’informer et de rassurer tout le monde, la première banque helvétique présentait les vertus de son nouveau remède digital contre l’effroi, distribué en self-service: le Security Check.

Par Philippe Rodrik
24heures.ch

 



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