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Des start-up suisses cherchent à mûrir leur modèle d’affaires sous le soleil de la Silicon Wadi
 
Le 06-09-2017
de MicroTech Industry® - News des expositions

L’innovation helvétique scrute une nouvelle fois son reflet dans le miroir technologique israélien. Un quatrième voyage, organisé par la Fondation Nomads à Genève, commence cette année par une visite chez des gourous de la sécurité informatique

La Silicon Wadi est devenue un couloir de l’innovation qui va de Haifa à Jérusalem. Elle est aujourd’hui considérée comme l’équivalent israélien du pôle high-tech situé au sud de la baie de San Francisco. Mais en version «business to business», les Américains étant plus performants en matière de produits grand public.

Rien qu’à Tel-Aviv, une personne sur dix travaille dans le secteur technologique. Raison pour laquelle la capitale économique de l’Etat hébreu accueille cette semaine la 7e édition du Festival DLD de l’innovation. Une grand-messe internationale qui se déroule chaque année au mois de septembre et réunit une bonne dizaine de milliers de jeunes pousses, leurs bailleurs de fonds et des multinationales. Au programme: rencontres, présentations, challenges pilotés par des multinationales et «speed-dating».

Dans le Saint des saints de Tel-Aviv

Depuis 2014, cette manifestation dédiée aux technologies de pointe reçoit la visite d’une délégation helvétique. Menée par la Fondation Nomads, l’expédition suisse affiche cette année le nombre record de plus de 80 participants, parmi lesquels des représentants de collectivités publiques, des start-upers et autres acteurs du secteur privé et académique.

Basée à Genève, la Fondations Nomads a pour ambition de développer et promouvoir l’innovation, en stimulant la collaboration active avec d’autres écosystèmes. A commencer par le hub israélien, un partenaire stratégique tout désigné pour la Suisse.

Ce lundi matin, le traditionnel pèlerinage helvétique à Tel-Aviv a commencé par une visite du Saint des saints de la sécurité informatique. L’Etat hébreu ayant fait de la cyberdéfense l’une de ses principales marques de fabrique, sa capitale économique est devenue une référence mondiale en la matière, avec des entreprises comme CheckPoint, qui font aujourd’hui la pluie et le beau temps sur ce marché.

L’hyperconnexion, ce talon d’Achille

Fondée il y a plus de deux décennies, cette société a démarré grâce à un financement initial de moins de 600 000 francs. Elle génère aujourd’hui près de 1,8 milliard de francs de chiffre d’affaires par an et emploie 4300 salariés dans le monde. Quant à sa capitalisation boursière, elle tutoie les 17 milliards de francs.

«La sécurité est le segment de l’industrie informatique qui croît le plus vite», résume Amnon Bar Lev, président de Checkpoint, qui compte parmi ses clients Nestlé et Swisscom, notamment. Un écran géant fixé dans l’entrée de son enseigne affiche en temps réel l’état de la situation: 12 millions de cyberattaques recensées dans le monde ces dernières vingt-quatre heures.

Doit-on s’inquiéter? «Avec la croissance exponentielle des objets connectés, certainement», assène Amon Bar-Lev. Et le spécialiste d’ajouter: «L’un des plus gros dangers provient actuellement des smartphones, qui savent tout de vous, que vous portez en permanence et qui peuvent vous filmer ou vous enregistrer à votre insu.»

Travailler ses atouts, négliger ses points faibles

Avec près de 5 milliards de téléphones cellulaires en circulation dans le monde, une cyberattaque majeure pourrait provoquer jusqu’à 121 milliards de dollars de pertes économiques, estimait dernièrement une étude du Lloyd’s et Cyence, respectivement numéro un mondial de l’assurance spécialisée et de l’analyse du cyber-risque.

Selon CheckPoint, on peut de nos jours comparer l’état mondial de la cyberdéfense à une maison, laquelle aurait un toit comportant des fuites et où la pluie qui s’infiltrerait quotidiennement, jusqu’à inonder complètement certaines entreprises. Le conseil de son président à la délégation suisse venue lui rendre visite: «En tant qu’entrepreneurs, ne cherchez pas à améliorer vos défauts, mais plutôt vos points forts.»

La croissance israélienne est trois fois supérieure à celle de la Suisse

Israël et la Suisse sont-ils deux petits pays innovants, dépendants des marchés extérieurs, que seul le dynamisme sépare? Une délégation helvétique tente de répondre à cette question

Une population d’environ 8,5 millions d’habitants, une économie fondée sur le capital humain – faute de matières premières – avec, pour épine dorsale, des exportations de produits et de services à forte valeur ajoutée. Les points communs entre la Suisse et Israël ne manquent pas.

Les différences non plus. L’Etat hébreu a un territoire deux fois plus réduit que celui de la Suisse. Peuplé de citoyens dont l’âge moyen est inférieur à 30 ans, Israël a le profil d’un pays en développement. Mais sa densité démographique cache un pôle technologique qui, aujourd’hui, talonne de près la Silicon Valley californienne.

«Les nombreuses similitudes avec la Suisse vous font penser que vous êtes dans un pays occidental. Détrompez-vous… Ici, c’est bel et bien le Moyen-Orient, prévient Dan Catarivas, directeur international du patronat israélien. Chez nous, le climat géopolitique pousse les gens à prendre davantage de risques.»

Au cœur du réacteur israélien

L’attitude entrepreneuriale en Israël, Etat qui est en conflit tous les dix ans, diffère radicalement par rapport à un pays neutre comme la Suisse, lequel vit en paix depuis plus de 150 ans. Le miracle économique de l’Etat hébreu a été façonné par 70 ans d’histoire tourmentée. Une réalité que tente de cerner, en ce moment dans la capitale économique d’Israël, une délégation helvétique de plus de 80 personnes (start-upers, consultants, milieux académiques et politiques) guidée par la Fondation Nomads.

Israël a exporté l’an passé pour environ 38 milliards de francs de services, dont près de la moitié concernait le secteur informatique – cybersécurité en tête –, la recherche et le développement (R&D). Ce dernier volume a quasiment doublé par rapport à 2011.

Le produit intérieur brut israélien dépasse 286 milliards de francs, contre près de 660 milliards pour la Suisse. Sa croissance, qui était l’an passé trois fois supérieure au taux helvétique (environ 1,3%), devrait se maintenir aux alentours de 3% jusqu’en 2020. Mieux: le taux de chômage du pays avoisinait 12% en 2003, il a depuis été divisé par trois.

Concentration de matière grise

L’Etat hébreu est l’un des leaders mondiaux des dépenses en R&D par rapport à son PIB (4,25% en 2015, contre 4,23% pour la Corée, environ 3,4% pour la Suisse et 2,78% pour les Etats-Unis). Le pays est numéro un mondial du nombre de doctorants en sciences par habitant, ainsi que de brevets déposés et d’investissement de capital-risque par citoyen.

«Israël dénombre pour l’heure plus de 5500 start-up – dont la moitié rien qu’à Tel-Aviv –, une centaine de venture capitalists, 90 accélérateurs et deux bonnes dizaines d’incubateurs soutenus par le gouvernement», énumère Jeremie Kletzkine, serial entrepreneur et vice-président de Start-Up Nation Central, une entité qui s’est donné pour mission de cartographier l’innovation en Israël.

Taux affolant de rachats

Les jeunes pousses israéliennes actives dans le secteur high-tech ont levé l’an passé plus de 4,6 milliards de dollars. Soit une hausse record de 11% par rapport à 2015. Près de 90% des investisseurs sont aujourd’hui étrangers – l’argent est principalement américain ou chinois – contre 60% dix ans plus tôt.

Le nombre de pépites israéliennes qui ont été vendues pour plus de 10 milliards de francs a augmenté de 12% comparé à l’an dernier. Rien qu’au premier semestre de cette année, le marché a cumulé 57 accords de vente – contre 115 sur l’ensemble de l’exercice 2016 – dont l’acquisition par Inter de Mobileye, pour près de 15 milliards de francs.

Dejan Nikolic
LE TEMPS

 



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