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Micro-Finish, tout un art dans les procédés de finition des pièces
 
Le 15-05-2019

Des techniques singulières tels que le microbillage, sablage ou la tribofinition n’ont pas de secret pour l’entreprise de Villeneuve qui fête 50 ans

La fabrication de pièces mécaniques et de précision, aussi petites soient-elles, débouche sur des techniques insoupçonnées et singulières. Qu’il s’agisse de composants pour des implants et appareils médicaux ou des montres, la finition et le traitement de surface requièrent un savoir-faire très particulier mais également de l’inventivité industrielle. Micro-Finish SA, à Villeneuve, est passé maître dans cet art, faisant appel à divers procédés tels que l’ébavurage par sablage, le microbillage ou le polissage, plus exotiquement appelé tribofinition, s’agissant d’un traitement mécanochimique par vibrations.

Montres haut de gamme

L’enseigne de l’entreprise de l’Est vaudois, qui fête ses 50 ans cette année, n’est pas de celles qu’on cite souvent dans le monde industriel vaudois. Pourtant, ses techniques servent à la fabrication de pièces – en partie visibles – de beaucoup de montres haut de gamme suisses, entre autres Panerei, Rolex ou TAG Heuer. Ses réalisations sont essentielles à certains composants du fabricant de connectique de pointe Fischer Connectors et à de nombreux fabricants du secteur médical situés dans l’arc jurassien.

Près de 150 machines équipent les ateliers de Micro-Finish, dans la zone industrielle de Villeneuve. La plupart sont développées à l’interne et font partie du «secret de fabrication» de l’entreprise, selon son propriétaire, Raymond Henné. Les diverses opérations de microfinition, ébavurage, arrondissage des arêtes ou polissage qu’elles effectuent apportent la plus-value exigée par ses clients sur les millions de pièces traitées chaque jour. Au point que le patron peine parfois à reconnaître les fonctionnalités de l’une ou l’autre. En traversant les lignes de production, on découvre des vannes destinées à des spectromètres, des microtubes pour le médical et des quantités de pièces pour l’horlogerie. Vis, ponts, roues, pignons, boîtes, masses oscillantes, aiguilles, couronnes: toutes peuvent être sablées, ébavurées ou tonnelées. On voit même des lames de couteaux suisses parfaitement polies.

Chez Micro-Finish, dans cette activité de niche, on fait deux types de travail: un traitement de pièces pour les rendre fonctionnelles – par exemple dans la rugosité de la surface – ou une opération industrielle pour le seul aspect visuel. Les pièces brutes, la plupart de très petite taille, sont soumises à un contrôle qualité dès leur arrivée dans l’usine. L’ébavurage est l’une des activités phares. Grâce au sablage, on parvient à pénétrer dans les petits trous et les fentes pour éliminer les bavures et donner une certaine rugosité, explique Raymond Henné, fier de ce savoir-faire rare qu’est le métier de sableur. Le procédé de tribofinition est une technique de vibration des pièces en tous sens qui permet de les polir efficacement, en les mélangeant dans une cuve à d’autres éléments, microcailloux, eau, savon, abrasifs. Le microbillage – par projection puissante de minibilles de verre – permet de nettoyer des soudures de manière propre. Ce n’est pas une technologie nouvelle mais l’entreprise de Villeneuve est une des rares à l’appliquer dans certains domaines tels que le médical, où les propriétés des matériaux sont très strictes.

«Il y a des contraintes très spécifiques dans ces procédés, remarque Raymond Henné. Nous pouvons assurer une qualité de traitement et un suivi dans la durée à nos clients.» Entré dans une phase de transmission de son entreprise en début d’année, il a confié la direction à trois de ses cadres, mais ses connaissances sur ces procédés spéciaux leur sont encore très précieuses. Dans les années à venir, cette succession devrait aboutir également à un changement de propriété.

De père en fils

C’est son père, Edmond Henné, alors à la tête d’une entreprise de construction de sableuses, qui a fondé cette société sous-traitante dans une villa de Corsier en 1969, travaillant principalement pour le secteur horloger, déjà en déclin. Afin de se diversifier, il chercha de nouvelles applications pour ses machines. Raymond Henné, ingénieur en mécanique ETS formé chez Bobst, reprend la société en 1984, au décès de son père. Trois ans plus tard, Micro-Finish déménage à Villeneuve où elle grandit par étapes, passant de 500 m2 à plus de 2000 m2 aujourd’hui.

Le sous-traitant, qui compte plus de 700 clients, en majorité suisses, emploie quelque 45 collaborateurs formés dans la maison pour la plupart. Une équipe mobile se déplace chez le client pour des traitements particuliers, comme à la Grande-Dixence où elle devait effectuer un traitement de surface par sablage et ajouter un antirouille sur des éléments de réservoir et de pompe placés dans l’eau. D’autres travaux tiennent uniquement de l’esthétique pure comme le sablage de jantes de voitures ou de cadres de vélos, la déco par microbilles en alu recyclé sur des instruments d’écriture ou encore la poudre de verre appliquée sur du bois dans l’Auberge de la Cergniaulaz sur les hauts de Montreux. Le département de sablage sur verre a réalisé divers projets artistiques, tels ces grands panneaux décorés de caractères d’écriture stylisés d’un luxueux stand de Baselworld. Cette activité de microsablage a été reprise début 2017 par un membre de la famille, designer, à l’enseigne Atelier H à Villeneuve.

Aujourd’hui, l’essentiel du chiffre d’affaires de Micro-Finish (plus de 6 millions de francs) se fait dans l’horlogerie (environ un tiers), la connectique et le médical (un autre tiers). Dans ce dernier domaine, elle traite aussi bien des composants d’appareillage que des implants, pièces de colonne vertébrale, vis et pivots pour le dentaire. Elle fait aussi du décolletage.

 



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