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Après Ferrari, Cebo, à Vallorbe, conquiert le marché chinois
 
Le 11-04-2019

Son expertise dans les processus d’injection plastique de pièces est très recherchée. En attestent ses références, comme des marques automobiles

L’aiguille du compteur de vitesse Ferrari n’est pas l’objet tout bête que l’on pourrait s’imaginer! À la fois luminescente et lumineuse, elle est composée d’un à trois leds dont la lumière est guidée à travers le plastique grâce à un prisme qui renvoie le faisceau perpendiculairement dans le champ de vision du conducteur. Fournissant ce produit au célèbre constructeur italien, Cebo Injections SA s’est fait une réputation de spécialiste dans ce type de pièces sophistiquées. Elle a toutefois cessé pour le moment cette production, victime de la cherté de la place industrielle suisse. Mais la société de Vallorbe se console aujourd’hui, car ses techniques de pointe d’injection plastique ont trouvé de nouveaux débouchés, notamment dans le domaine médical.

L’entreprise du pied du Jura fabriquait aussi des aiguilles de compteur de vitesse haut de gamme pour Bentley et de grandes séries plus simples pour les marques du groupe VW. Elle produisait en outre des pompes à essence et des capots de moteurs électriques. Mais dans ce secteur les sous-traitants sont particulièrement sous pression pour réduire les marges à l’extrême. À la suite de l’envol du franc face à l’euro – déjà bien avant la fin du taux plancher de janvier 2015 –, Cebo a été contraint à un arrêt d’urgence de cette production.

«Le mouton à cinq pattes»

Thierry Poulleau, directeur du site, explique que la chute de l’euro – qui a dépassé 1 fr. 60 à une certaine époque et est tombé jusqu’à moins de 1 franc – a fait très mal à cette industrie. Car ces pièces représentaient alors plus de trois quarts de ses ventes, en euros comme en dollars. Résultat: l’entreprise, qui réalise entre 5 et 6 millions de chiffre d’affaires annuel, a perdu 2 millions depuis les années 2000, selon lui.

Et pourtant les commandes affluent en ce moment, rassure le directeur du site. Avec un effectif de 35 personnes – plus élevé qu’en 2005-2006 –, l’entreprise est toujours organisée en rotation 3×8 heures et travaille même le samedi pour répondre aux commandes. «Bien que nos produits soient plus chers, car nous faisons du Swiss made avec des moules fabriqués en Suisse, nous nous démarquons avec des pièces très techniques de haute précision et des spécialités que nos concurrents ne veulent pas faire. Nous sommes le mouton à cinq pattes du secteur», affirme non sans sourire le patron du site. Celui-ci s’inquiète toutefois que ses clients ne fassent plus de commandes fermes pour constituer des stocks, mais des projections de production, qui peuvent changer à tout moment!

La production d’injection thermoplastique est dès lors orientée sur des produits pointus dans les domaines médical et industriel, notamment l’horlogerie (platines, pignons, remontoir pour montres automatiques, etc.), la connectique, mais aussi la cosmétique et l’électromécanique (compteurs, électrovannes, lentilles, etc.). Parmi les trois familles de produits thermoplastiques, Cebo en traite deux: les thermoplastiques recyclables et la technologie PIM, un procédé de moulage par injection de poudre qui permet d’obtenir des pièces de formes très complexes et précises. En ce moment, l’usine produit des coques pour supports d’iPad destinés aux cabinets de médecins-dentistes. Son activité s’étend au collage, marquage à chaud, soudage à ultrasons et tampographie.

Elle fabrique de grandes quantités de composants pour des compteurs à eau, représentant désormais près d’un quart de son chiffre d’affaires. Une partie de ces instruments, chargés d’électronique, sont à ultrasons et multifonctionnels (comptage à distance et antifraude).

L’entreprise fournit les composants de centaines de milliers d’unités aux fabricants… chinois qui les assemblent. Des appareils qui sont destinés aux marchés australien, français et allemand! Thierry Poulleau explique cette situation par le savoir-faire de son entreprise, depuis les années 1990, dans la fabrication de moules pour les plastiques high-tech. Cebo possède 27 presses à injection de 25 à 200 tonnes, en partie robotisées.

Société sœur

Les moules d’injection sont fabriqués par Beco Précision SA (22 employés), située également à Vallorbe et société sœur de Cebo puisque l’un de ses deux fondateurs, Cor Smit – un mécanicien de précision d’origine hollandaise – est le CEO des deux entreprises. La première, fondée en 1990, est aujour­d’hui indépendante mais travaille encore main dans la main avec Cebo Injections SA, créée en 2003. Toutes deux formaient le groupe BCR Plastics Group, qui racheta l’entreprise de micro-injection Rolla, à Granges. En 2008, ce site a été regroupé à Vallorbe, son principal client, le groupe Swatch, l’ayant lâché.

En novembre 2017, l’entreprise canadienne NanoXplore, spécialisée dans le graphène, reprenait la totalité de Cebo Injections avec son personnel, tandis que Cor Smit gardait la propriété de Beco. Les deux sociétés suisse et canadienne développent ensemble de nouveaux matériaux plastiques agglomérés avec du graphène, une fibre très technique avec des propriétés de résistance et de conductivité élevées. À ce jour, il n’y a cependant pas encore d’applications sur le marché.

Si la conjoncture est actuellement bonne pour le sous-traitant de Vallorbe, Thierry Poulleau s’inquiète pour l’approvisionnement en matériaux: «Le gros problème est la pénurie de matière première. Elle touche non seulement les fibres polyamides, mais toutes les matières plastiques en général. Ce secteur est en pleine restructuration et nous avons été très pénalisés en 2018. Parfois, ce sont les clients eux-mêmes qui doivent nous fournir les matériaux nécessaires.»

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