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Sophia Genetics séduit des investisseurs spécialisés dans le durable et lève 77 millions
 
Le 07-01-2019

Biotechnologie. Fer de lance de la médecine basée sur les données, la compagnie vaudoise a créé une plateforme d’aide au diagnostic en oncologie et en maladies héréditaires.

C’est depuis San Francisco que la nouvelle est tombée ce matin: Sophia Genetics vient de lever 77 millions de dollars. Le CEO et cofondateur de la biotech de Saint-Sulpice, le Dr Jurgi Camblong, l’a annoncé alors qu’il s’apprête à assister au symposium J.P. Morgan Healthcare Conference, dans la ville californienne. Débutant le 7 janvier, c’est la plus importante conférence au sujet des investissements en soins de santé au monde. «Cette levée de fonds nous permettra d’accélérer l’adoption de la médecine basée sur les données pour le bénéfice des patients», a déclaré le CEO. Ce nouveau tour de table multiplie par deux le montant total du capital récolté par la société vaudoise depuis sa création en 2011, portant cette somme à 140 millions de dollars.

Fondée il y a huit ans à l’EPFL Innovation Park, la société pionnière en “data-driven medicine” fournit une plateforme d’aide au diagnostic des maladies héréditaires ou des cancers. A ce jour, un réseau de 850 hôpitaux utilise son système d’intelligence artificielle (IA) – nommé Sophia – à travers 77 pays. Résultat: le portail a récemment passé la barre des 300.000 patients diagnostiqués – un nombre qui devrait augmenter exponentiellement dans le futur.

L’attrayant atout de la médecine durable

La solution de la compagnie suisse a attiré des investisseurs internationaux de renom. La levée de fonds a été conduite par Generation Investment Management, une société de gestion d’investissements durables fondée en 2004 par l’ancien vice-président américain Al Gore. Cette firme, créée en 2004 et qui dispose de bureaux à San Francisco et Londres, a été séduite par les valeurs de durabilité de Sophia Genetics. En effet, l’entreprise helvétique vise à aider la communauté médicale à mieux traiter les patients d’aujourd’hui mais aussi ceux de demain, grâce au partage des savoirs. «C’est la toute première fois qu’un acteur en technologie de la santé suscite l’intérêt de Generation Investment Management», précise Tarik Dlala vice-président du marketing chez Sophia Genetics.

L’autre nouvel investisseur à apporter son soutien à la firme de bio-informatique est Idinvest Partners. Basé à Paris, c’est l’un des leaders européens du private equity. «Nous sommes persuadés que Sophia Genetics révolutionnera le traitement du cancer en établissant un nouveau standard de santé», affirme Guillaume Santamaria, directeur des investissements chez Idinvest.

En outre, plusieurs investisseurs existants ont complété ce tour dont la société britannique de capital risque spécialisée dans les start-up technologiques, Balderton Capital, et Alychlo, la société du milliardaire belge Marc Coucke. Ils ont ainsi renouvelé leur confiance envers le développeur vaudois d'algorithmes d'analyses médicales.

L’avenir de l’entreprise se déploiera aux Etats-Unis

La levée de fonds doit permettre à Sophia Genetics d’accélérer la démocratisation de ce nouveau volet de la science des données.

Le tour de financement permettra, d’une part, de hâter l’adoption de la plateforme Sophia par les hôpitaux internationaux; avec un focus particulier sur le territoire américain où la demande est forte et sur lequel l’entreprise a ouvert un siège en 2018. La healthtech qui compte aujourd’hui plus de 230 employés entre la Suisse et les Etats-Unis, devrait d’ailleurs engager une cinquantaine de collaborateurs supplémentaires au sein de l’équipe de Boston, d’ici un an, pour gérer cette rapide expansion.

La somme sera utilisée, d’autre part, pour développer le système Sophia, ses applications en génomique (Ndlr: la discipline médicale qui prend en compte le séquençage ADN de chaque individu dans leur traitement et qui mène à une médecine personnalisée) et en radiomique (Ndlr: l’imagerie médicale computationnelle qui analyse informatiquement des clichés pour en extraire des données quantitatives afin d'améliorer les prises de décisions), ainsi que pour procéder à des essais cliniques. «Notre objectif a toujours été d’aider à rendre le système de santé mondial plus durable. En aidant les cliniciens à faire levier sur leur expertise et à travailler ensemble comme une communauté, les patients à travers le monde peuvent avoir accès de manière égale à une meilleure prise en charge», a conclu Jurgi Camblong.

Sophie Marenne
AGEFI

 



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