.
Actualités
Rubriques

Vente

Emploi

Contact

 



Astrocast, le premier opérateur satellitaire du pays, est en pleine levée de fonds
 
Le 21-12-2018

La start-up a lancé un appareil originel dans l’espace début décembre, pour un coût total d’un demi-million.

Le premier satellite de la start-up écublanaise a décollé le 3 décembre, depuis la Californie. Chargé sur une fusée de la compagnie SpaceX d’Elon Musk, cet engin est maintenant en orbite. Il permettra à Astrocast de démontrer la faisabilité de son projet: la création d’un réseau satellitaire bon marché et efficace.

Alors que les réseaux cellulaires actuels connectent moins de 10% de la surface du globe, l’entreprise vaudoise cherche à brancher les 90% restants. Son marché: la couverture de pays émergents, de zones maritimes mais aussi d’infrastructures critiques telles que les générateurs pour hôpitaux. «Il existe déjà des acteurs sur ce segment mais nous proposerons une offre optimisée pour les messages courts», déclare Fabien Jordan, cofondateur et CEO de la jeune pousse.

Actuellement, ce premier satellite en orbite envoie des informations de maintenance sur sa batterie ou la température de ses capteurs pour démontrer que tous les systèmes à bord fonctionnent. Il sera rejoint dès mars par un deuxième appareil de démonstration qui s’envolera depuis l’Inde.

Plusieurs clients pilotes ont aussi embarqué dans cette aventure astrale, dans l’objectif de tester le système proposé par Astrocast. «Ceux-ci ont placé nos terminaux de communication sur leurs équipements à travers le globe: camions, éoliennes, distributeurs d’eau,... Ils recevront ensuite les informations liées à ces infrastructures sur une base de données sécurisée.» Cette phase de test permettra à Astrocast d’optimiser son système en vue d’une commercialisation dès 2020.

L’objectif final: une constellation de 80 satellites, d’ici 2022 ou 2023, ce qui permettra une couverture de la planète presque en temps réel.

A la recherche d’un dernier partenaire

Créée en septembre 2014, l’entreprise a été fondée sur des bases solides: l’expérience du SwissCube de l’EPFL – soit le premier satellite de Suisse, mais aussi l’un des plus anciens encore en activité après neuf ans de voyage sidéral. La start-up s’est ensuite construite grâce au soutien de l’Agence spatiale européenne (ESA), d’investisseurs ainsi que de partenaires tels qu’Airbus.

En ce moment, Astrocast organise un tour de table de série A, ciblant la somme de 15 millions de francs d’ici au printemps. «Nous cherchons encore un investisseur qui connaisse le domaine de l’Internet of things (IoT) ou le secteur spatial. Pourquoi pas une compagnie de télécommunication qui pourrait cristalliser notre projet en Suisse», décrit le CEO.

L’équipe d’une trentaine de collaborateurs est essentiellement basée en Suisse, ainsi que dans une petite antenne aux Etats-Unis. «A terme, lorsque la constellation sera complète, nous devrions être une centaine», précise-t-il. A l’étroit dans ses locaux, la start-up déménagera durant l’été 2019 mais restera à proximité de l’EPFL.

Mini-taille pour un mini-prix

Envoyés à une altitude située entre 500 et 600 km, les appareils sont pensés, dès leur conception, en fonction de leur fin de vie. Sensible à la question des débris spatiaux, Astrocast est capable de les désorbiter lorsqu’ils sont en bout de course. La durée de vie d’un tel engin est de trois à cinq ans. «La tendance actuelle est de la réduire afin de toujours disposer des meilleures technologies en orbite», explique Fabien Jordan.

La principale particularité des appareils d’Astrocast est leur taille. Ils sont miniaturisés, à peine plus grands qu’une boîte à chaussures, et ils pèsent moins de 5kg. Un bel atout car, ce qui alourdit les comptes de la start-up, ce sont les lancements qui se facturent au poids. Le prix de l’opération du début décembre, par exemple, s’élève à 200.000 francs pour la fabrication du satellite et 250.000 supplémentaires pour son envol: une somme bien moindre qu’à l’accoutumée.

Le cofondateur souligne: «La totalité de notre constellation et de l’infrastructure au sol devrait nous coûter 50 millions: c’est bien moins cher que la création et l’envoi d’un seul engin de la constellation Iridium.»

Sophie Marenne
AGEFI

 



Copyright © 2001 - 2019 Inter Group News All Rights Reserved