Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



Thomas Straumann: «La petite taille de Medartis est un atout face aux grands groupes américains»
 
Le 13-03-2018


Thomas Straumann, président de Medartis, leader des fixations osseuses après fractures, explique comment il entend investir aux Etats-Unis et revient sur la différence de profil avec son autre société, Straumann Holding, dans les implants dentaires

Medartis, leader des fixations osseuses pour traiter les fractures, entrera en bourse le 23 mars prochain et devrait lever entre 124 et 142,5 millions de francs.

Thomas Straumann, son président, explique le profil de son entreprise, les différences avec Straumann et sa marge de 83%. A la suite de l’entrée en bourse, sa part du capital descendra à environ 48%, contre 77% actuellement (il possède également 17% du groupe Straumann):

Le Temps: Vous avez mis en bourse Straumann et introduisez maintenant Medartis. Quelles sont les différences entre les deux sociétés?

Thomas Straumann: Straumann est présente sur un domaine technologique très différent, les implants dentaires. Le client participe à la décision du choix du produit. Dans le cas de Medartis, les cliniques décident des systèmes de fixation à employer lors des fractures osseuses. Le patient ne participe pas à la décision.

Une autre différence majeure se situe dans le remboursement par l’assurance. Le patient supporte environ 90% du financement des implants dentaires, selon le pays et le type d’assurance, alors qu’en cas de fracture, l’assurance rembourse entièrement le traitement, à de rares exceptions près (changements de fixation pour le pied).

La culture d’entreprise est-elle identique?

Les deux entreprises sont très proches sur le plan culturel, avec les mêmes origines et le même ADN, celles de l’Institut Straumann créé en 1954 et l’institut à but non lucratif AO dans les années 1960. Les origines sont celles de l’innovation dans les matériaux pour l’horlogerie et l’ostéosynthèse.

Que se serait-il passé si ce savoir-faire d’il y a soixante ans avait été maintenu dans le même groupe, lequel a conduit à créer Straumann, Synthes, Mathys, Stratec, Sulzer Medica et Medartis?

C’est difficile à imaginer. Si l’on considère Synthes aujourd’hui, il faut reconnaître que le regroupement sous le même toit des trois grandes organisations (ex-Stratec, Mathys et Synthes US) était tout à fait sensé. Notre concurrent Johnson & Johnson, d’autre part, est un géant qui traite l’ensemble du squelette alors que nous nous concentrons sur les extrémités. Cela nous donne l’avantage de la flexibilité stratégique. Notre taille, plus modeste, est un atout important.

Pourquoi le flottant (part non détenue par les actionnaires de référence, management, employés et trois institutionnels, soit Schroders, Landolt et Endeavour) ne dépasse pas 25% du capital?

Nous voulons participer activement aux décisions stratégiques et à son développement, ce qui plaide en faveur d’une offre d’un quart du capital et pas davantage. En outre, cela ne servirait à rien de lever encore davantage de fonds que les 125 millions prévus et qui sont nécessaires au financement de notre expansion. Il n’est toutefois pas exclu de prudemment augmenter le free float à long terme. Nous croyons aux perspectives de Medartis, et nous voulons faire ce qui est bon pour l’entreprise et les actionnaires.

Vous voulez utiliser les 125 millions de francs de fonds levés lors de l’entrée en bourse pour accroître fortement votre présence sur le marché américain, où les prix sont plus élevés. Comment pouvez-vous vous imposer sur le terrain des grandes multinationales américaines?

Nous sommes déjà présents aux Etats-Unis depuis quinze ans et en particulier au sein des principales cliniques. Mais nous devons poursuivre notre expansion sur l’ensemble du territoire. Par rapport aux très grands groupes, nous avons l’avantage de la spécialisation. D’autres sociétés locales sont aussi des réussites dans des domaines précis, mais le haut niveau de spécialisation est la clé du succès. La confiance du client est nettement supérieure à l’égard d’un spécialiste qu'envers un traumatologue présent dans tous les domaines. Dans la chirurgie de la main, les détails font la différence, notamment dans le segment de prix supérieur.

Sera-t-il possible de conserver une marge brute de 83% et une marge opérationnelle de 20%?

A notre avis, il est tout à fait possible de les conserver à ces niveaux, et même de les augmenter.

Medartis entre en bourse malgré une chute du bénéfice

Medartis, créée en 1997, entrera en bourse le 23 mars prochain avec l’ambition de devenir l’un des trois leaders mondiaux des fixations pour les «extrémités» (mains, pieds, crâne), a indiqué à la presse lundi à Zurich Willi Miesch, président de la direction générale.

La souscription des actions de cette société de 480 employés, dont 220 à Bâle, a débuté lundi. Le prix est fixé entre 44 et 54 francs.

Un marché de 6,6 milliards de dollars

Sur un marché mondial de l’orthopédie des «extrémités» de 6,6 milliards de dollars, Medartis détient moins de 2% de part de marché, loin derrière les géants tels que DePuy Synthes, Stryker et Zimmer Biomet. Mais le bâlois fait partie des deux premiers acteurs en Allemagne (34% de part de marché), en Suisse ou en Australie. Il est présent sur les segments qui offrent la plus forte croissance et profite de l’amélioration technologique et de l’augmentation de l’activité – et des accidents – des personnes âgées.

Si le groupe présente une hausse régulière de son chiffre d’affaires (+14,1% en 2017, à 107,9 millions de francs), le bénéfice net a baissé de 74% à 0,9 million de francs l’an dernier. La direction l’explique par un effet extraordinaire lié à la réforme fiscale américaine et à la comptabilisation des prix de transfert entre les filiales.

Le groupe a payé 7,18 millions d’impôts en 2017, soit la quasi-totalité du bénéfice avant impôt (8,5 millions). La marge brute atteint 87,6% en 2017 et le taux de marge d’exploitation (EBITDA) 18,1%, et seront maintenus en raison d’une croissance centrée sur les marchés à prix élevé, comme les Etats-Unis, et d’innovations à forte marge.

Emmanuel Garessus
LE TEMPS

 



Copyright © 2001 - 2018 Inter Group News All Rights Reserved