Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



Sierre, plus grande software factory en Suisse romande, confirme sa position de leader
 
Le 12-02-2018

IT. Forte d’une longue tradition en informatique de gestion, la ville valaisanne s’est construit une solide réputation grâce à son Techno-Pôle et l’écosystème qui l’entoure.

Créé en 1989, le Techno-Pôle de Sierre abrite aujourd’hui 70 entreprises actives, pour la plupart, dans les technologies de l’information et de la communication. Un domaine dans lequel la ville valaisanne a développé de fortes compétences.

La force de cet écosystème est due, entre autres, à la synergie qui existe sur le parc technologique entre les sociétés qui y sont établies et les quatre instituts de recherches (Informatique de gestion, Tourisme, Entrepreneuriat & Management et Icare) de la HES-SO Valais-Wallis, qui offrent aux entreprises un accès direct aux fonds nationaux et internationaux de recherche.

Le TechnoArk, la partie du parc dédiée à l’innovation, et son incubateur contribuent également à la richesse de cet environnement. «Le Techno-Pôle est un outil de promotion économique pour la région. La force du site est de mettre à disposition tout un panel d’infrastructures – huit salles de conférence , une salle de visioconférence, un datacenter, un fitness, des espaces de loisirs et de détente et deux restaurants – que de petites entreprises ne pourraient pas s’offrir seules», explique Laurent Borella, responsable exécutif du Techno-Pôle et directeur du TechnoArk.

«Au total, plus de 550 collaborateurs travaillent sur le site du Techno-Pôle», se réjouit Laurent Sciboz, le directeur de l’Institut d’informatique. «En 2017, nos instituts – qui comptent plus de 150 collaborateurs – ont délivré 130 publications scientifiques et 410 projets ont été réalisés en collaboration avec des PME», annonce-t-il. Sierre est le premier site en Suisse à avoir créé un parc technologique dédié au développement de logiciels. Il s’agit, aujourd’hui, de la plus grande software factory de Suisse romande. «C’est notre spécialité, ça fait 20 ans que nous travaillons, notamment, sur le développement du big data et de l’intelligence artificielle; bien avant que ces disciplines se retrouvent sous le feu des projecteurs. Et nous allons continuer dans cette direction», ajoute-t-il. «Nous nous distinguons, au niveau national, dans des domaines tels que la eSanté, la cyberadministration avec la création de l’eGov Innovation Center ou encore le développement d’algorithmes prédictifs pour l’énergie».

La partie formation occupe une place primordiale dans cet écosystème (lire encadré). De nombreux étudiants qui suivent des cours à la HES-SO Valais-Wallis collaborent pendant leur étude avec les entreprises présentes sur le site et restent, une fois leur cursus terminé, pour y travailler. «C’est un système économique intéressant», relève Laurent Sciboz. «Des emplois, à haute valeur ajoutée, sont créés année après année et le canton obtient ainsi de bons retours sur investissement.»

Une longue histoire

Dynamiser le tissu économique local s’inscrit dans l’ADN du Techno-Pôle. «J’ai cofondé une société informatique dans les années 80 et nous cherchions un espace pour nous agrandir. Dans ce contexte, nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de contribuer au développement économique de la ville de Sierre et d’élargir ses secteurs d’activités», confie Marc-André Berclaz, membre de la direction du Techno-Pôle et directeur opérationnel de l’EPFL Valais. «À cette époque, les usines d’aluminium licenciaient beaucoup de personnel et nous avions la volonté d’amener quelque chose pour renouveler le tissu économique local.» Aujourd’hui, la spécificité du Techno-Pôle est de rassembler, sous un même toit, des acteurs complétementaires afin de stimuler les rencontres et les échanges. «Les entreprises et les instituts collaborent donc continuellement et les projets développés sur le site de Sierre sont ensuite commercialisés dans le monde entier», relève Laurent Borella.

Une collaboration réussie

Basé au Techno-Pôle depuis la création du parc, le Groupe T2i n’a pas la volonté de bouger, bien qu’il ait ouvert des succursales en France et au Canada. «C’est un lieu propice au développement grâce à la proximité avec les instituts de recherche», explique Claude-Michel Salamin, président du conseil d’administration. Active dans l’édition de logiciels et des services informatiques, la société emploie plus de 200 collaborateurs (dont une majorité à Sierre). Ses domaines de prédilection sont les solutions logicielles de dématérialisation des documents, de gestion des administrations publiques, de gestion des ressources humaines, ainsi que les services de gestion d’infrastructure informatique et de cloud. Le Groupe T2i a notamment développé, avec la HES-SO Valais-Wallis, EnergyView: une plateforme pour faciliter le management de l’énergie dans les communes. «50 communes pilotes travaillent aujourd’hui avec nous, en collaboration avec l’institut d’informatique et de gestion», ajoute Claude-Michel Salamin.

Parmi les autres entreprises présentes sur le site, se trouve notamment Logival. Sortie de l’incubateur The Ark en mars 2009, elle a installé ses bureaux au sein du TechnoArk de Sierre d’où elle commercialise son dossier médical informatisé. Autre exemple, FairTrace développe un logiciel pour tracer les aliments ou encore les cosmétiques.

A l’institut entrepreneuriat et management, on cultive les entrepreneurs de demain

«On pense souvent que l’entrepreneuriat c’est d’avoir de bonnes idées mais on sait que dans 80% des cas, ce sont les bonnes personnes qui font la différence», affirme Antoine Perruchoud, responsable de l’institut entrepreneuriat et management de la HES-SO Valais-Wallis.

Les projets menés par l’institut se consacrent donc, avant tout, à l’être humain. «Nous avons été précurseurs dans la formation à l’entrepreneuriat et nous formons nos étudiants dans ce domaine depuis maintenant 15 ans.»

Priorité au développement des compétences

Depuis septembre dernier, un nouveau bachelor bouleverse complètement le système éducatif. Baptisée Team Academy, elle se détache complètement des méthodes d’enseignement classique. Se calquant sur un modèle finlandais, c’est la première fois qu’un tel programme voit le jour en Suisse. Dès le premier jour de formation, les étudiants sont autonomes et doivent monter leurs propres projets. «L’objectif sera pour eux de sortir de leur zone de confort en allant sur le terrain afin de rencontrer de vrais clients et de générer un véritable chiffre d’affaires», explique Antoine Perruchoud. 17 étudiants sont actuellement en formation et plusieurs projets ont déjà été menés avec des entreprises lors du premier semestre. «Ce type de modèle d’apprentissage – par l’action et en équipe – manque en Suisse», regrette-t-il. «C’est pourtant un mode de formation qui répond aux besoins du marché.» Le but est, avant tout, d’acquérir des compétences et non pas uniquement des connaissances, contrairement aux cursus traditionnels.

Pour Antoine Perruchoud l’objectif est de semer des graines, graines qui écloront dans les années à venir. «La finalité n’est pas la création de start-up, mais d’apprendre à réfléchir et à agir comme un entrepreneur. C’est différent.» Il rappelle également que pour développer une société, il faut être patient, car cela prend du temps.

KeyLemon est née lors d’un cours de la HES-SO

La start-up valaisanne Keylemon, qui vient d’être rachetée par le groupe autrichien AMS, en est une bonne illustration. Née il y a dix ans dans le cadre du programme Business Experience de la HES-SO, elle s’est développée de manière graduelle au fil des années. Autre exemple: la chaine de magasins valaisans Edelweiss Market – qui compte 200 collaborateurs – a été lancée par un ancien étudiant de la haute école, quelques années après la fin de sa formation. «Notre objectif est que les jeunes développent des profils permettant de répondre à un marché du travail de plus en plus volatil. Il y a, à l’heure actuelle, un grand besoin de flexibilité et de capacités collaboratives exprimé par les employeurs.»

Biotech, énergie et IT: à chaque ville sa spécialité, son incubateur et ses start-up
La fondation The Ark est une fondation de droit public qui a été créée en 2004 par le canton du Valais dans le but de renforcer l’innovation dans le canton. «Elle a comme objectif de diversifier le tissu économique, de travailler sur des domaines différents que ceux du tourisme ou de l’agriculture et de fédérer des compétences, technologiques et industrielles», explique Sébastien Mabillard, responsable de l’incubateur.

La fondation est organisée autour de trois types de services: un accélérateur dont le but est de valoriser la technologie, en liant avec les instituts de recherche et les hautes écoles; un incubateur pour permettre la création d’entreprises; et un soutien aux PME déjà présentes, afin consolider le tissu économique local.

«Nous avons voulu matérialiser ces trois axes de développement avec la création d’un parc atypique se déclinant sur plusieurs sites. De nombreux sites technologiques se déclinent donc dans différentes villes valaisannes, en fonction de leurs spécificités. Nous avons commencé par établir une première entité, TechnoArk, sur le site du Techno-Pôle à Sierre», contextualise Sébastien Mabillard, Aujourd’hui, existent également BioArk (dédié aux sciences du vivant et aux biotechnologies) à Monthey, IdeArk à Martigny (institut adossé à l’institut de recherche Idiap), PhytoArk à Sion (dont le but est la valorisation des plantes alpines et aromatiques), BioArk de Viège (sur le site de la Lonza) et finalement Energypolis à Sion (qui est adossé à l’EPFL Valais, avec un focus sur l’énergie).

150 start-up incubées

La fondation est donc active dans les domaines IT, des sciences du vivant et des sciences de l’ingénieur, avec un axe marqué sur l’énergie. Avec ses différents incubateurs, qui sont donc multidomaines et multisites, le but est d’accompagner l’entrepreneur tout au long du processus de développement de son projet, d’une simple idée à sa matérialisation sur le marché. «Depuis la création, plus de 150 start-up sont passées à travers le processus de notre incubateur et, généralement, le taux de survie et de plus de 85% ans après la création de l’entreprise», se réjouit Sébastien Mabillard. Actuellement, 22 start-up sont incubées sur les différents sites. «Nous créons des synergies fortes entre les différents domaines.» Selon lui, les besoins des entrepreneurs ont passablement évolué au cours des années. «La nécessité de les accompagner est toujours là, mais le type de soutien dont ils ont besoin est différent. Au-delà du développement de la technologie, les questions liées à la digitalisation de la société en générale sont très présentes.»

Parmi les alumnats se trouve notamment Moka Studio qui a remporté MassChallenge l’an dernier. La technologie, développée à Martigny, vise à faciliter la vie des professionnels de l’animation 3D. «Reccap a, quant à elle, développé une solution de traduction, «speech to text», qui est aujourd’hui utilisée dans plusieurs parlements cantonaux pour retranscrire les débats parlementaires», se réjouit Sébastien Mabillard. De son côté, Medirio, basée Viège, a développé un patch révolutionnaire pour les personnes diabétiques.

AGEFI

 



Copyright © 2001 - 2018 Inter Group News All Rights Reserved