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Une horloge suisse s’envolera pour l’ISS
 
Le 21-12-2017

Spectratime. Les satellites Galileo ont emporté avec eux un peu de Neuchâtel. Un appareil atomique swiss made encore plus stable décollera vers la Station spatiale internationale.

La semaine passée, une fusée Ariane 5 a décollé pour placer en orbite quatre satellites de navigation Galileo. À leur bord se trouvent des horloges atomiques conçues par l’entreprise neuchâteloise Spectratime. La société produit des appareils robustes et incroyablement précis, nécessaires aux satellites pour accomplir leur mission de géo-positionnement. Par sécurité, chaque vaisseau est équipé de deux technologies différentes: maser et rubidium. De plus, les appareils sont doublés car dans l’espace, on n’est jamais trop prudent.

Un instrument indispensable à la navigation satellitaire

Le 12 décembre, ce sont donc 16 horloges atomiques qui se sont envolées avec la nouvelle flotte. La constellation Galileo vise à émanciper le Vieux Continent du système de localisation américain GPS en proposant un outil européen indépendant.

«Dans un système de navigation, un récepteur – tel que le GPS de votre voiture – reçoit des signaux émis de façon synchronisée par plusieurs satellites. S’ils sont envoyés en même temps, ils n’atteignent pas le poste au même moment car les distances à parcourir sont différentes. Le récepteur calcule sa propre position en mesurant les divergences de durées de cheminement de ces signaux», explique Pascal Rochat, directeur général de Spectratime.

La difficulté de cette procédure est l’harmonie des horloges embarquées dans les divers satellites. «La synchronisation est l’un des grands problèmes de la localisation. Il faut là-haut des instruments d’une régularité extrême». Comparaison éloquente: une horloge mécanique offre une précision de l’ordre d’une minute par jour. Une horloge à quartz, d’environ une seconde par jour. «Alors que nous utilisons une propriété des atomes, la résonnance quantique, qui permet une précision au milliardième de seconde sur le jour», commente-t-il. Grâce à cette ponctualité supérieure, les horloges chargées à bord des satellites Galileo garantissent une exactitude à environ 30 cm près, sur terre.

Le génie de la compagnie est crucial pour Galileo. En janvier dernier pourtant, l’Agence spatiale européenne a annoncé la panne de neuf horloges atomiques embarquées sur des engins déjà en l’air. «Cette panne n’a en réalité eu aucun impact sur le système», répond le directeur-ingénieur. «Considérant sa complexité ainsi que le nombre de problèmes que d’autres rencontrent – l’américain GPS ou le russe GLONASS – sans pour autant communiquer dessus, on peut dire que nous sommes confrontés à relativement peu d’ennuis. L’année 2017 s’est déroulée sans heurts».

L’horloge la plus précise du monde décollera bientôt

Cette année 2017 sans accroc s’est clôturée pour la PME de l’arc jurassien par la délivrance d’un projet d’une envergure inégalée, étendu sur une vingtaine d’années. Pascal Rochat raconte: «Il y a deux semaines, nous avons livré un appareil d’une importance capitale: un maser actif qui volera sur la Station spatiale internationale (ISS). Cet équipement d’une quarantaine de kilos offre une précision encore dix fois supérieure à celles des horloges de Galileo. Intégré au sein d’un système d’ultra-précision, l’appareil sera utilisé au sein d’une expérience scientifique de l’ISS qui consiste à mesurer le redshift, c’est-à-dire l’effet de la gravité sur la vitesse de la lumière. Il permettra en outre de récolter de meilleures informations sur le géoïde, soit la forme complexe du champ de pesanteur terrestre». Avec cette participation, Spectratime a ainsi posé sa pierre à l’édifice de l’horloge la plus stable jamais vue dans l’espace.

Bénéficiant d’une notoriété internationale

L’ingénieur Pascal Rochat et son équipe ont débuté par le développement prototypes au sein de l'Observatoire de Neuchâtel. À son effondrement en 1995, il fonde Tekelec Neuchatel Time. Rebaptisée Spectratime en 2006, l’entreprise suisse est l’un des piliers du groupe français Oriola. «Nous avons fait une progression assez linéaire sur 22 années d’activités, dans les domaines industriel et spatial, pour arriver aujourd’hui à une entreprise de 70 personnes, toutes employées au siège de Orolia Switzerland SA», décrit-il.

La production est réalisée à 100% sur place, à Neuchâtel. Les activités de Spectratime attirent bon nombre de clients étrangers. Elle livre une grande quantité de ses produits en Chine, plus particulièrement à Huawei, le leader des infrastructures en télécommunication. Pour 2018, le carnet de commandes est déjà bien rempli. Pascal Rochat déclare: «D’abord, la prochaine phase de Galileo nous promet du travail pour les trois prochaines années, au minimum. De plus, l’Inde se positionne aussi sur l’échiquier des systèmes de navigation avec IRNSS et devient l’un de nos clients».

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Sophie Marenne
AGEFI

 



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