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Outils numériques: «Il faut réfléchir dans une logique centrée sur le patient»
 
Le 06-12-2017

Pour le professeur Antoine Geissbuhler, la technologie, pour autant qu’elle soit bien pensée, peut améliorer la relation entre le malade et le corps médical

SmartHUG, Mon enfant est malade, InfoKids, WebDia, Emoteo, Elips… Les Hôpitaux universitaires de Genève ont déjà lancé une dizaine d’applications destinées aux patients. A travers ces différents projets, Antoine Geissbuhler, technophile convaincu et médecin-chef du service de cybersanté et télémédecine, voit une opportunité importante: renforcer la collaboration avec les malades.

Le Temps: Lorsqu’il est hospitalisé, un patient se sent souvent impuissant. Vous avez récemment développé l’application Concerto, offrant au malade l’accès à ses données médicales. En quoi cela va-t-il changer la donne?

Antoine Geissbuhler: A partir du moment où l’on sait que les données sont partagées avec les patients, cela transforme immanquablement la façon dont l’information est formulée par les professionnels. En créant de la transparence, ces outils permettent de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, mais surtout de favoriser la discussion. Par ailleurs, cela influence également probablement le comportement du corps médical, en poussant les médecins à être davantage au lit du malade. S’ils sont pensés correctement, dans une optique centrée sur le patient et non pas dans une logique purement normative ou d’efficience, je suis convaincu que les outils numériques peuvent améliorer la relation entre les différents acteurs concernés.

– Les données médicales sont particulièrement sensibles, quelles précautions prenez-vous afin de les protéger?

– Ce sont des enjeux essentiels. C’est pourquoi nous nous imposons des contraintes maximales pour sécuriser l’authentification des patients et protéger les données personnelles qui sont manipulées. Cela d’autant plus pour les applications que l’on peut télécharger sur son smartphone ou sa tablette et que l’on peut donc utiliser en dehors du réseau interne des HUG.

– Les GAFA, c’est-à-dire Google, Apple, Facebook et Amazon, sont en train de créer des monopoles numériques sur la base de nos données de santé. Le développement de vos propres applications est-il une manière de les concurrencer?

– Notre objectif n’est pas de tout faire nous-mêmes, nous collaborons donc aussi avec les GAFA ou IBM, mais nous jugeons fondamental de ne pas quitter le siège du conducteur. Nous voulons en effet pouvoir continuer à avoir la possibilité de choisir ce qui est bien pour nos patients dans le respect de nos valeurs, et non pas d’être obligé d’adhérer à toutes celles des géants du numérique.

– L’arrivée du numérique a-t-elle soulevé des résistances au sein de l’institution?

– Au temps où j’étais chargé de l’élaboration du plan stratégique des HUG, Vision 20/20, notre idée était de savoir comment transformer l’hôpital autour des valeurs que sont la proximité avec les patients, l’écoute et la collaboration interprofessionnelle. J’avais donc volontairement mis ma casquette de geek de côté et essayais de brider mon enthousiasme autour de la technologie. Pourtant, lorsque les collaborateurs nous ont soumis leurs nombreuses idées, la grande majorité incluait des aspects ayant trait au numérique. C’était vraiment impressionnant.

Par ailleurs, nous ne pouvons pas ignorer que les médecins que l’on engage maintenant ont grandi durant les années 2000. Il faut donc prendre au sérieux leurs besoins et fabriquer des outils qui sont en phase avec les codes de cette nouvelle génération.

Sylvie Logean
LE TEMPS

 



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