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Olympe réinvente le cerveau informatique créateur d’applications
 
Le 28-11-2017

Les entreprises à l'ère numérique La société du Parc de l’Innovation de l’EPFL développe une plate-forme produisant des programmes de façon automatisée et sans code

Effrayé par les «usines à gaz» mises en œuvre dans les grandes entreprises pour créer toutes sortes d’applications – internes et externes – ainsi que des programmes pour faire tourner l’appareil de production, Laurent Chatelanat a inventé une nouvelle technologie informatique qui automatise et accélère cette création, en se passant de l’écriture du code, mais en s’inspirant du schéma de fonctionnement du cerveau. Résultat: la société Olympe SA, née il y a deux ans au Parc de l’Innovation de l’EPFL, est déjà rentable grâce à ses ventes, et sa croissance est en phase d’accélération.

Ingénieur EPFL, il commence son parcours professionnel au sein de groupes dans plusieurs pays. C’est là qu’il réalise que, confrontés à des cycles technologiques et d’affaires de plus en plus courts, les départements IT ne peuvent plus suivre l’évolution affolante du monde du software. Dans une période de sa vie où il était détaché de toute pression familiale et professionnelle, Laurent Chatelanat raconte qu’il a exploré cet univers de la programmation en partant d’une feuille blanche, n’hésitant pas à «essayer des trucs aberrants ou qui ne marchent pas a priori. J’ai passé deux ans dans l’isolement pour arriver à faire marcher cette technologie.»

Réseaux de neurones

La solution Olympe? «Laisser les machines, les ordinateurs créer le logiciel de manière automatique afin d’accélérer le processus, explique le directeur général. Pour ce faire, on se débarrasse du code, on n’écrit plus de code pour l’application et la machine n’en produit pas non plus. Par contre, on génère quelque chose de similaire à des réseaux de neurones. Chaque neurone a une fonctionnalité spécialisée et c’est l’assemblage de ces neurones qui crée une fonction.»

Certain des qualités de son système, il fonde la société Olympe SA en novembre 2015 avec son compère Antoine Forel, directeur de la technologie, formé à l’École d’ingénieurs de Genève, qu’il a rencontré à l’EPFL. Ce dernier, consultant en informatique, spécialisé dans les logiciels bancaires, a pu mesurer, pour sa part, la difficulté pour un informaticien de transcrire les besoins liés aux diverses activités de la banque. «Notre technologie est une nouvelle façon d’aborder la création d’applications, de manière beaucoup plus simple et intuitive, dit-il. Car le programmateur est un traducteur. Or nous nous passons de l’effort de traduction, la machine le fait automatiquement.» Ce qui n’empêche pas que, pour développer la plate-forme elle-même, les deux ingénieurs ont produit eux-mêmes beaucoup de codes…

Olympe fournit ainsi un outil qui va bien au-delà de la création de sites en quelques minutes – comme il en existe sur le marché – mais qui permet de concevoir aisément des applications informatiques complètes. Cette technologie doit s’adresser aussi bien à un public éclairé qu’aux entreprises en leur permettant de concrétiser leurs idées en un programme. Grâce à leur plate-forme, dont l’approche est basée sur l’intelligence artificielle aussi bien que sur l’intuition visuelle, l’utilisateur définit graphiquement les différentes fonctions de son application sur l’écran de son ordinateur, qui se synchronise directement – via un QR code – aux différents appareils connectés qui pourront l’utiliser, tels des serveurs, réseaux de communication, robots, smartphones, tablettes ou montres intelligentes. L’ensemble de ces plates-formes fonctionne, à distance, comme un cerveau partagé via ses synapses, ces zones de contact qui assurent la transmission de l’information entre neurones émetteurs et neurones récepteurs.

A la manière d'Uber

Pour illustrer leur activité, les deux entrepreneurs expliquent qu’ils fournissent l’outil technologique qui permet, en quelque sorte, de transformer des métiers à la manière d’Uber dans le domaine des taxis. Leur système permet notamment à des entreprises de développer des logiciels au stade de la recherche et du développement aussi bien que dans la phase de fabrication d’un nouveau produit. Pour l’heure, deux multinationales romandes sont des partenaires importants du projet afin de répondre à leurs «besoins futurs et d’accélérer la numérisation de leur groupe»: la vaudoise Sicpa, qui travaille entre autres sur des solutions de traçabilité et de sécurité de produits taxés par les États – et qui a investi dans la société – ainsi que la genevoise Givaudan, leader mondial dans les arômes et parfums.

Mais aujourd’hui les ventes décollent et la société doit engager à tour de bras pour répondre à la demande. En deux ans, elle est passée de deux à 15 collaborateurs, développeurs pour la plupart, dont la moitié sont arrivés cet été! Dès lors, en février prochain, toute l’équipe va changer de bâtiment dans le parc scientifique lausannois pour s’installer dans des locaux presque quatre fois plus grands.

Rêve de Silicon Valley

Si Olympe SA a pu se développer grâce à ses affaires, ne levant «que» 550 000 francs, elle est désormais à la recherche de fonds plus importants – entre 2 et 5 millions de francs – afin de grandir au niveau international. Actuellement, les entreprises forment la première clientèle cible en raison du prix du produit qui a nécessité des coûts de développement élevés. Mais il doit être plus accessible à l’avenir. À les entendre, et dans la mesure où leur produit garde son avance technologique sur la concurrence qui va forcément naître, Laurent Chatelanat et Antoine Forel ne voient pas encore de limites à la croissance de leur marché. Invités ce printemps dans la Silicon Valley dans le cadre des Venture Leaders Technology 2017 avec les meilleures start-up technologiques suisses, ils s’imaginent bien un jour s’y faire une place au soleil parmi les grands noms d’Internet.

Par Jean-Marc Corset
24heures.ch

 



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