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Les deux premières start-up bénéficiant des infrastructures du StartLab ont été choisies
 
Le 28-11-2017

Les dossiers de HaYa Therapeutics sur l’insuffisance cardiaque et de GNUbiotics dans les substituants du lait maternel se sont distingués au sein du conseil consultatif

Le conseil consultatif a sélectionné les deux premiers locataires du StartLab au Biopôle. Les dossiers de HaYa Therapeutics et de GNUbiotics pour entrer au printemps 2018 se sont très rapidement détachés au sein du conseil. Ils montrent aussi que l’approche est très loin de se focaliser sur la seule oncologie, mais qu’elle veut plutôt favoriser la diversité. Plutôt que de traiter l’insuffisance cardiaque en intervenant au niveau du système de transmission, l’approche de HaYa Therapeutics se base sur les ARN (acides ribonucléiques, synthétisés dans les cellules à partir de matrices d’ADN dont il est une copie). Quant à GNUbiotics, l’entreprise cherche à développer des oligosaccharides aussi proches que possible du lait maternel, destinés à la consommation humaine.

Le nombre de candidatures soumis prouve la pertinence du concept. Car les start-up qui ont le privilège de pouvoir s’installer au StartLab bénéficient de conditions-cadre «clés en main» exceptionnelles. Les avantages vont bien au-delà d’une infrastructure de laboratoires digne d’une grande pharma, les dispensant d’énormes investissements qui ne donnent pourtant accès qu’à une fraction des outils disponibles au StartLab. C’est précisément avec les éléments qui s’ajoutent à ce modèle, quelque peu inspiré de LabCentral à Boston, que le Biopôle se crée une position probablement unique au monde. L’interaction entre le monde universitaire, de l’investissement, des affaires, du transfert de technologie et de l’entreprenariat y joue un rôle fondamental. Entretien avec le CEO de Biopôle et directeur de StartLab Nasri Nahas.

Quel est le bénéfice le plus important pour les locataires du StartLab?

Il offre un véritable changement de paradigme en termes de financement. Pour une start-up ou un projet sérieux en Suisse, il est relativement facile de trouver les quelques premières centaines de milliers de francs. Mais avec ce capital-là, vous n’allez pas loin dans le domaine des sciences de la vie. StartLab change cette problématique financière par la prise en charge d’une part très importante de l’investissement, en diminuant les coûts fixes pour l’entreprise, transformés ainsi en coûts variables. Les laboratoires mis à disposition sont équipés comme un laboratoire classique de biologie moléculaire. Les entreprises peuvent utiliser ce dont elles ont besoin, restant ainsi agiles dans leur développement. Si StartLab répond à disons 80% des besoins d’une société, pour les 20% restants, il y a beaucoup de chances qu’elle trouve les ressources nécessaires dans l’écosystème. C’est seulement pour la part minime restante que la société doit éventuellement investir.

Ce modèle-là existe-t-il déjà ailleurs dans le monde?

La mise à disposition des infrastructures s’inspire fortement du modèle LabCentral à Boston. Mais celui-ci est justement très focalisé sur l’infrastructure. Nous y ajoutons ce qui rend l’offre du Biopôle unique au niveau suisse, et la place parmi les meilleures au niveau mondial. Tout d’abord, nous offrons du soutien, de la formation et de l’encadrement aux start-up. Car tous les entrepreneurs partagent les mêmes problématiques. Une idée, aussi brillante soit-elle, ne fait pas forcément un bon produit. Tout en restant ancrés dans le domaine des sciences de la vie, nous les accompagnons donc pour transformer leurs idées en produits qui répondent à des besoins clairs du marché. Les collaborations avec des entrepreneurs de la région visent à faire sentir aux start-up qu’elles ne sont pas seules.

L’interaction est-elle un élément central pour le Biopôle?

Absolument, le Biopôle représente 134.000 m2 centrés sur les sciences de la vie. La présence d’entreprises comme ADC Therapeutics, Incyte ou Nestlé Health Sciences, mais aussi de centres de recherche comme le LICR, le département d’oncologie du CHUV ou la Faculté de Biologie et de médecine de l’UniL permet aux start-up de s’insérer dans des écosystèmes académiques et industriels, partages des ressources, des talents et des expériences. Cela augmente considérablement les chances de succès pour les sociétés. Par exemple, bien que certains instruments coûteux comme des spectromètres de masse ne soient pas à disposition à StartLab, les entreprises disposent de plein de possibilités pour effectuer ces analyses à proximité.

Comment expliquez-vous le choix de la diversité pour les deux premiers locataires?

Tout comme le StartLab, le Biopôle est ouvert à tout projet innovant du domaine des sciences de la vie. Nous avons certes actuellement une empreinte forte du côté de l’oncologie. Mais n’oublions pas d’autres compétences fortes, en immunologie, en nutrition et en médecine personnalisée de notre écosystème.

Le plus important, c’est que la diversité est enrichissante! Nous ne voulons pas que des gens qui font des petites molécules, mais couvrir au contraire toute la chaîne de création de valeur et des soins pour les patients, et ce à travers différentes indications thérapeutiques..

Les avancées scientifiques dans ces domaines favorisent-elles aussi l’interdisciplinarité?

La science n’a guère de limites. L’exemple de Nestlé Health Science montre clairement que le microbiome et l’oncologie sont très liés. Notre ambition est de faire tomber les barrières. L’Allen Curve (la communication entre ingénieurs diminue avec la distance croissante) reste très valable. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point la proximité est importante dans les échanges entre les personnes. Rien ne remplace le contact humain. Le fait que les gens se croisent apporte beaucoup à la collaboration. Ce sont ces proximités et diversités que nous essayons de cultiver au Biopôle.

Les entreprises, surtout les grandes, ne sont-elles pas un peu réticentes par rapport à ces échanges?

Aucune société ne peut gagner toute seule. Chacune participe à un effort collectif. Il faut faire sentir aux personnes présentes au Biopôle qu’elles appartiennent à un écosystème gagnant-gagnant, et pas seulement pour les petites sociétés. C’est ce que souligne le témoignage du CEO de Nestlé Health Science Greg Behar sur notre site: il a vraiment cherché un environnement de partage! Cette volonté est aussi très marquée chez tous les autres partenaires, de taille différente, comme ADC Therapeutics, Abionic ou encore au CHUV. Par rapport à d’autres environnements à l’échelle internationale, c’est cette porosité qui est magnifique en Suisse: il n’y a pas de forte tension entre le public et le privé, mais une conscience du fait qu’on a besoin des deux pour nos innovations.

Quel rôle y jouent la Health Valley et le Campus Biotech?

Je fais toujours débuter mes présentations en parlant de la Health Valley, car le Biopôle se trouve à son centre, et en fait intégralement partie. La Suisse est en principe déjà trop petite. Il faut donc mettre ensemble un maximum de ressources et de compétences pour tenir face à la concurrence mondiale. Quant au Campus Biotech, comme pour d’autres parcs scientifiques en Suisse, nous avons une relation que je qualifierais de «compéboration»: nous savons aussi bien collaborer que se faire «concurrence» sur certains dossiers. Campus Biotech a certes une culture similaire en ce qui concerne les infrastructures et l’écosystème, mais est plus dédié à tout ce qui se passe autour du système nerveux central. Et finalement, qu’une entreprise s’installe au Biopôle ou au Campus Biotech, c’est la région qui gagne, et donc nous tous!
Les critères de sélection des start-up candidates à StartLab

Être une entreprise active dans les sciences de la vie ne suffit pas pour obtenir une place au StartLab. Les start-up doivent au contraire soumettre un dossier de candidature au comité consultatif, qui sélectionne les projets les plus prometteurs. La composition de celui-ci reflète la diversité recherchée au sein du Biopôle, avec des représentants de l’entreprenariat, de la recherche (en sciences de la vie comme par exemple aussi en management), et de l’investissement. Le président de Biopôle SA Konstantinos Efthymiopoulos revient sur les critères de sélection appliqués.

Comment avez-vous sélectionné les deux premiers locataires?

Nous suivons un processus bien structuré, avec des critères de succès définis. Au niveau de la sélection spécifique, le conseil évalue les candidats selon des exigences assez proches de celles appliquées dans le domaine du capital-risque. En plus d’une idée qui pourrait avoir du succès, il faut donc un business plan qui tient la route. Malgré les horizons très divers représentés au sein du conseil, deux sociétés se sont clairement retrouvées en tête du classement chez presque tous les membres. Elle se sont donc imposées sur plusieurs critères. J’aimerais également exprimer ma gratitude vis-à-vis des membres du conseil, car leurs compétences sont très complémentaires, et c’est presque sans effort que nous sommes arrivés à notre conclusion.

A quel rythme allez-vous procéder à des sélections?

En principe chaque trimestre, mais cela dépend aussi du nombre de candidatures reçues. Nous n’avons établi aucune règle contraignante à ce sujet. Notre message est clair: ce qui est important, c’est de prendre la bonne décision, non pas d’arriver à la capacité maximale de 10-12 sociétés dans un certain délai. Notre estimation est que nous y arriverons dans trois ans. Car nous sommes conscients du coût d’opportunité que représente une mauvaise décision. Une société sélectionnée à la hâte pourrait prendre la place à une autre, qui aurait plus de potentiel.

Le potentiel de collaboration avec les sociétés déjà présentes au Biopôle fait-il partie des critères?

Il représente simplement un atout, pas un facteur déterminant. GNUbiotics a été acceptée en raison de sa qualité intrinsèque, non pas de son potentiel de collaboration avec Nestlé Health Science. Même si la présence d’entreprises plus grande peut aider les petites start-up.

L’interaction entre les start-up ne devient-elle pas un critère de sélection, puisque vous venez de choisir les deux premiers locataires?

Nous n’avons pas l’intention de changer nos critères. Il n’y a aucun besoin de restreindre le champ à des domaines déjà présents. Sinon, nous risquons de manquer des opportunités. Il faut aussi tenir compte du fait que les entreprises sélectionnées ne vont pas forcément rester longtemps au StartLab. Ce critère serait seulement pris en considération en cas d’égalité parfaite entre deux dossiers.

Quel rôle StartLab jouera-t-il au sein du Biopôle?

Sa création rend l’écosystème plus complet, aussi en termes de chaîne de création de valeur. En facilitant autant que possible la tâche des start-up, nous ajoutons de la valeur. Le grand intérêt de la part de start-up dont témoigne le nombre de candidatures en atteste. Cette structure sera créatrice de synergies. Il y aura des possibilités pour les sociétés plus anciennes de jouer un rôle de mentor pour les nouvelles. Dans des domaines similaires, il y aura même des opportunités pour faire des transactions. De manière globale, il augmentera l’attractivité du canton de Vaud. Le projet Biopôle marche extrêmement bien, aussi parce que tous les participants y contribuent. – (CA)

StartLab offre un levier aux projets de HaYa Therapeutics

HaYa Therapeutics en tant que l’une des deux start-up sélectionnées pour StartLab veut traiter les insuffisances cardiaques à leur racine.

«Les thérapies actuelles visent en priorité les symptômes des insuffisances, non pas les causes fondamentales de la maladie au niveau cellulaire et moléculaire», souligne son fondateur Samir Ounzain, également distingué lors de la finale de MassChallenge 2017.

Le traitement qu’il est en train de développer permet de viser directement le coeur, le processus de fibrose en exploitant la matière noire de notre génome. HaYa Therapeutics a découvert qu’il existe un régulateur spécifique de cette fibrose du coeur, un ARN (acide ribonucléique) long non-codant (auparavant qualifié d’ADN poubelle, en raison du fait qu’il ne code pas pour des protéines), appelé Wisper. Cela représente la prochaine génération de thérapies basées sur un ARN ciblées.

L’objectif est d’amener cette découverte du laboratoire jusqu’aux patients pour surveiller et traiter des patients ayant des insuffisances cardiaques. Dans un modèle animal, ce traitement a permis de diminuer la fibrose après un infarctus du myocarde, améliorant dès lors la fonction du coeur.

«StartLab fournit un environnement excellent pour lancer notre projet et nos opérations, tant au niveau de l’infrastructure que par le biais du réseau StartLab. Nous avons actuellement des collaborations académiques très fortes tant au CHUV (dont HaYa Therapeutics est issue) qu’à l’échelle internationale, que nous utilisons en priorité. Mais l’infrastructure excellente fournie par le StartLab nous permet de faire également une partie de nos efforts en R&D chez nous», précise Samir Ounzain. – (CA)

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Christian Affolter

AGEFI

 



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