Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



Référence du venture capital dans l’investissement medtech
 
Le 21-11-2017

Endeavour Vision. Après la biotech, le VC se spécialise dans la medtech. Horizon 3 à 5 ans avec une plus-value 3 à 5x.

Après avoir investi dans plusieurs secteurs, y compris dans le domaine de l’Internet et de la biotech, où les résultats sont souvent binaires et des bons investissements comme Actelion, Molecular Partners, Oncoethix, etc., Endeavour Vision, société de capital risque genevoise créée en 2000, s’est spécialisée dans les technologie médicales (medtech). En mars 2016, elle a récolté 250 millions d’euros pour le fonds Endeavour Medtech Growth, qu’elle conseille. Il s’agit d’un des plus importants fonds européens destinés aux technologies médicales. Cette somme, supérieure de 100 millions à l’objectif initialement fixé par Endeavour Vision, témoigne de l’appétit des investisseurs majoritairement institutionnels européens.

Cette somme est destinée à être investie ces trois prochaines années dans douze à quinze sociétés à fort potentiel dans les secteurs médicaux et de la santé numérique. Le fond a fait 8 investissements à ce jour, en prévoit deux supplémentaires, dans les mois qui viennent. D’autres fonds pourraient suivre sur cette même spécialisation medtech.

Entretien avec Sven Lingjaerde, managing partner et Bernard Vogel, managing partner d’Endeavour Vision sur les projets actuels et futurs liés à cette spécialisation medtech dans le VC growth rate avec volatilité restreinte.

Sven Lingjaerde participera au panel intitulé Innovation Secret Recipe, animé par Laurent Haug, mercredi au Campus international de l’innovation à l’espace hippomène à Genève. GE=Ci2, est une initiative de la direction générale du développement économique, de la recherche et de l’innovation (DG DERI) qui encourage et promeut l’entrepreneuriat, la transformation numérique et durable, l’émergence de talents, l’innovation, la recherche scientifique et le développement du tissu économique local dans sa diversité.

Qu’apporte cette spécialisation stratégique dans la medtech?

Dans le monde des VC, ce qui est important c’est de devenir un investisseur de référence. Notre décision de spécialisation repose sur plusieurs piliers: une équipe spécialisée et dédiée, une connaissance du marché approfondie et une expérience opérationnelle adaptée. Même si l’alpha du medtech peut sembler inférieur à celui de la biotech, la performance d’un portefeuille peut être tout aussi intéressante. Vers la fin des années 2000 une majorité des VC américains se sont retirés des projets medtech, car ils requièrent plus de temps et d’argent que prévus et de compétences spécifiques, que beaucoup d’équipes n’ont pas. Endeavour Vision se place donc stratégiquement dans ce vacuum outre-Atlantique, plus gros marché mondial. Nous jouons un rôle de catalyseur sur ce marché globalisé.

Sur les 250 millions d’euros levés dans le fonds Endeavour Medtech Growth, domicilié à Guernesey, que vous conseillez, combien ont déjà été investis? Dans quels projets?

Deux tiers du fonds ont été investis, la majorité des projets sont américains - mais pas uniquement, comme par exemple avec la société lausannoise Symetis. Les sociétés américaines lancent souvent leurs produits initialement en Europe où la barrière réglementaire est moins coûteuse en temps et en argent, puis adressent le marché américain où la FDA applique des critères plus d’homologation plus contraignants. Des investissements dans le medtech représentent un profil idéal pour les investisseurs institutionnels - notamment suisses, qui ne veulent pas prendre de risque early stage. A contrario de la biotech.

Pour quand votre nouveau fonds medtech?

Vu l’appétit de notre large base d’investisseurs, le nouveau fonds aura peu de changement par rapport à Endeavour Medtech Growth, qui avait atteint sa limite supérieure. De nombreux investisseurs n’avaient alors pas pu investir. C’est une bonne formule. On peut y ajouter un peu d’alpha avec du digital health, qui va devenir un secteur intéressant dans le futur lorsqu’il aura atteint un certain stade de maturité. Nous pensons qu’un nouveau fond sera lancé à fin 2018.

Quels sont les thèmes d’investissement que vous recherchez?

Les sociétés late-stage, qui ont déjà le marquage CE et le remboursement du produit par les assurances dans les maladies telles que le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et qui cherchent des fonds pour se développer commercialement. Nous cherchons des sociétés, qui améliorent significativement le résultat clinique des patients tout en réduisant les coûts de la santé. Tout ce qui est lié au chronic care non invasive nous intéresse, par exemple. Nous aimons investir dans des sociétés dirigés par des entrepreneurs, qui n’en sont pas à leur premier essai. Le CEO de Symetis en était par exemple à sa troisième société en tant qu’entrepreneur. Nous développons ainsi un écosystème, avec une montée en compétence, en professionnalisme. Aujourd’hui, sur une dizaine de collaborateurs, la moitié est constituée par des operational partners, des vétérans du medtech issus de l’industrie. C’est un ajout de valeur, unique, en complément de notre équipe d’investissement.

Track-record et investissement dans le digital health

Vous investissez aussi dans des sociétés de digital health. Soutenez-vous des projets suisses?

Le digital health est la branche de la medtech, qui se focalise sur la zone de convergence entre le digital et la médecine, qui comprend tous les secteurs dans lesquels la digitalisation a un impact sur les coûts de la santé et l’amélioration des résultats cliniques pour le patient. Le digital health est un secteur relativement nouveau et la moyenne des entreprises est de trois à quatre ans, c’est-à-dire l’adolescence du marché. Ce que nous voulons c’est voir l’hyper-croissance de ces sociétés. La volatilité est encore assez forte. Raison pour laquelle, nous regardons tous les secteurs. Afin d’essayer de faire baisser la volatilité en prenant des sociétés, qui ont prouvé l’efficacité médicale de ses produits. Nous éliminons de facto l’aspect anecdotique, sans données médicales solides. Nous avons investi par exemple dans la société de data-driven medicine, Sophia Genetics, basée à Ecublens.

Quel est le track-record d’Endeavour Vision et le taux d’échec?

Nous ne communiquons pas sur notre track-record. Lorsque nous investissons, c’est parce que nous pensons que l’investissement en vaut la peine, dans un marché de grande taille et remplit un besoin médical non adressé. La performance découle de cette analyse. Et non l’inverse. Nous visons des investissements qui peuvent retourner 3 à 5 fois la mise en trois à cinq ans. Par définition, notre taux d’échecs est bas. En cas de mauvaises surprises - ce qui est rare - on agit très vite et on essaie de trouver une solution. Nous n’avons jamais perdu d’argent dans la medtech, à ce jour. Contrairement à d’autres secteurs - comme le biotech - où la volatilité des investissements est plus importante. – (EF)

Elsa Floret
Cet article vous est offert par Swissquote

AGEFI

 



Copyright © 2001 - 2018 Inter Group News All Rights Reserved