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La smartwatch du «3e temps» qui désenclave la technologie
 
Le 21-11-2017

Tégrégé. Parti d’une intuition, le projet a touché le coeur de l’EPFL. Prochaines étapes: levée de fonds et prototype.

En 2011, on parlait à peine de smartwatch. Ce n’était encore qu’un gadget pour early bird, un bracelet pour sportif technophile. Apple ne dévoile la sienne qu’en septembre 2014. C’est pourtant déjà en 2011 que Chantal Aubort Jaccard, conseillère en stratégie d’entreprise à Neuchâtel, a cette intuition: utiliser la technologie pour mesurer le temps ressenti. Une approche plus humaniste que technique, dont la montre n’est qu’un transmetteur. Une manière de désenclaver la technologie pour la remettre au service de l’homme et non l’inverse. Le projet, à la croisée de la philosophie et de l’internet des objets, se trouve aujourd’hui au seuil de l’étape clé du prototype et de la première pré-série. Nécessitant la première levée de fonds depuis le lancement, il y a six ans.

Tous les scénarios restent ouverts

De cette intuition a émergé une marque, Tégrégé (pour «temps agrégé») et un programme de développement complet, construit peu à peu, au gré des rencontres, naturellement. «Je n’ai rien provoqué, les pièces du puzzle se sont mises en place d’elles-mêmes, les compétences sont venues à moi.» Une première rencontre lors d’un brunch sur l’innovation place le projet sur l’écran radar de l’EPFL, et fera florès, jusqu’à attirer tout un pool de chercheurs, acquis à Tégrégé par simple intérêt intellectuel ou par empathie pour ce projet d’écriture du «troisième temps».

Les premières études de faisabilité sont probantes et Chantal Aubort Jaccard doit maintenant assumer l’enthousiasme qu’elle a soulevé. Un brevet initial est déposé en Suisse, puis une nouvelle demande est transmise au niveau européen en 2016. Le résultat n’est pas attendu avant 2020, mais le brevet est délivré à l’automne 2017, forçant le pas vers le prototype fonctionnel.

A ce stade, tous les scénarios restent ouverts. La qualification des futurs investisseurs dictera sans doute la direction à prendre: mener le projet jusqu’à la commercialisation, à travers la marque Tégrégé, ou céder la licence, aucune voie n’est fermée.

L’effort peut sembler un peu décalé aujourd’hui. Alors que le monde de l’horlogerie traditionnelle cherche son futur et que la smartwatch est en passe de devenir un lieu commun. Alors que l’objet connecté est si largement dominé par les big players de la vallée du silicium. En réalité, sa place se justifie en ce qu’il renverse un certain nombre de données, puisqu’il ne consiste pas à donner encore plus d’importance à la technologie qu’elle n’en a déjà, mais au contraire à replacer l’utilisateur, l’homme, au coeur du dispositif décisionnel.

Chantal Aubort Jaccard donne cette définition essentielle d’une «montre qui prend le large». Ce qui, concrètement se traduit ainsi: la montre mesurera deux temps. Le temps conventionnel, 24 heures, 60 minutes, etc. et le temps ressenti, qui traduira en affichage la manière dont l’utilisateur vit chaque instant, de manière intime, mesuré sur des paramètres au niveau de son métabolisme. De ces deux affichages résultera «le 3e temps», dont l’interprétation est laissée libre, au gré de l’utilisateur, reflet des leçons qu’il tirera de la comparaison du temps conventionnel et du temps ressenti. «C’est cette dimension qui m’intéresse le plus. Elle dépasse la montre et mène à une forme de rééquilibrage, car interroger sa perception du temps, c’est s’interroger soi-même.»

Le coeur de la montre bat au rythme des algorithmes

Mais que fait l’EPFL dans un tel projet? Là précisément réside l’originalité, puisque la montre du «3e temps» joue en réalité sur toutes les briques technologiques les plus évoluées du moment. De l’ultra basse consommation à la science des capteurs. Une sorte d’hybridation de micro-électronique et de medtech, puisque le coeur de la montre bat au rythme des algorithmes et de toute une série de capteurs high-tech permettant de mesurer des paramètres biologiques, rythme cardiaque, composition sanguine, température, niveau d’hydratation, activité électrique, mouvements, etc. Un concentré d’interdisciplinarité. Un véritable laboratoire de microinformatique embarquée. Du medtech au service de la connaissance de soi et de la manière dont on vit réellement le temps. Simple et humain, car l’on sait tous qu’une heure d’ennui peut-être plus longue qu’une vie de joie.

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Stéphane Gachet

AGEFI

 



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