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En plein essor, l’Y-Parc se positionne comme un leader de la cybersécurité
 
Le 21-11-2017

Yverdon. Juliana Pantet, la directrice du parc scientifique et technologique, revient sur les actualités du parc et les futurs projets de développement.

Née à Yverdon, Juliana Pantet déménage aux États-Unis alors qu’elle est âgée de 13 ans. Après un doctorat en droit à San Francisco, c’est dans la Silicon Valley qu’elle construit sa carrière, notamment en tant que déléguée commerciale au Consulat général du Canada à San Francisco, puis comme manager auprès du fonds d’investissement Beehive Holdings. De retour en Suisse, elle a pris la direction de l’Y-Parc le premier septembre dernier.

Quel est le bilan, près de trois mois après la prise de vos fonctions à l’Y-Parc?

Il y a beaucoup de changements. C’est une période très dynamique avec – notamment – l’implantation de la multinationale américaine Incyte, spécialisée en biopharmacie qui va venir s’installer dès mars 2018. Depuis la création du parc, il n’y a jamais eu autant de prospects pour des terrains. La demande est très forte, car nous sommes en train de remplir tous nos locaux. De plus, beaucoup d’entreprises intéressées à s’installer ici ont besoin de surfaces qui vont au-delà de 500 m2, et nous sommes limités avec ce que nous pouvons leur offrir dans les bâtiments déjà existants. Cet écosystème, avec ses 12 start-up hébergées dans l’incubateur et ses 167 entreprises, va être amené à se développer grandement dans les mois et années à venir. Il y a aujourd’hui plus de 1300 emplois sur le parc et à terme, le but est d’en avoir 9000.

Qu’est-ce que la venue d’Incyte représente pour le parc ainsi que pour la région?

La présence d’Incyte va amener beaucoup de choses à cet écosystème, puisqu’on ajoute un nouvel acteur avec des relations internationales. La société aurait pu s’implanter n’importe où, mais l’entreprise a décidé de venir ici. Cela montre le fort potentiel de la région. 140 emplois vont être créés, dans un premier temps, et ce sont des collaborateurs de la région qui vont être embauchés. Une des raisons qui a convaincu la société est la proximité avec la Haute École d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD) et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui rend plus facile l’acquisition de talents multiculturels ayant des compétences techniques. Nous sommes extrêmement bien positionnés.

Pourquoi tant de succès en ce moment?

C’est un peu l’effet boule de neige. Des réussites telles qu’Incyte en amènent d’autres. De nombreuses entreprises suisses montrent aujourd’hui leur intérêt, tout comme de grosses multinationales qui sont intéressées à établir leurs sièges sur le parc. Cela est le résultat d’une étroite collaboration entre les différents acteurs du parc avec des partenaires, tels que la ville d’Yverdon, le canton de Vaud, le Développement économique vaudois (DEV), la HEIG-VD ou encore l’Association pour le Développement du Nord Vaudois (ADNV). Nous travaillons ensemble et ambitionnons d’amener le plus d’entreprises possible, afin de créer des emplois et de dynamiser la région. Dans un premier temps, je vise principalement des compagnies américaines et canadiennes, car j’ai beaucoup de contacts dans ces deux pays. Mais, dans un deuxième temps, je veux élargir au plus de pays possible. J’ai travaillé pendant 15 ans dans la Silicon Valley et j’ai bien vu qu’une des clés du succès est la mixité.

Est-ce que cette mixité manque en Suisse?

L’écosystème vaudois est multiculturel, mais il faut qu’il le soit encore davantage.

Qu’est-ce que la Suisse peut apprendre de la Silicon Valley?

La Suisse a un énorme potentiel, mais il manque cette volonté de prise des risques qui est très forte aux États-Unis. De manière générale, il n’y a pas assez d’investisseurs et c’est un problème. Les entrepreneurs suisses que je rencontre ont des profils particulièrement intéressants et nous avons de la chance qu’ils ne soient pas recrutés par des entreprises étrangères. Mais pour qu’ils restent ici, qu’ils créent leurs start-up ou innovent dans des sociétés telles qu’Incyte, il faut les soutenir davantage comme c’est le cas à la Silicon Valley, via des programmes de mentorat par exemple.

Inversement, quelles sont les spécificités de l’écosystème suisse qui font sa force et pourraient servir d’exemple à d’autres?

Les projets sont plus réalistes ici et les entrepreneurs ont les pieds sur terre. Ils sont plus transparents. Aux États-Unis, la réalité est que 90% des start-up n’aboutissent pas. Elles doivent fermer leurs portes, avant même d’avoir défini leurs offres sur le marché. Ce chiffre est beaucoup plus bas en Suisse. S’il manque de financement ici, il y en a peut-être trop là-bas. Les gens, par mimétisme, jettent leur argent sur les mêmes start-up et cela n’est pas forcément bénéfique.

Quels sont vos objectifs à long terme?

Comme le parc est en pleine expansion, il va rapidement falloir amener aux locataires plus de services, tels que des restaurants, des magasins ou encore une meilleure mobilité pour accéder au parc. Deuxièmement, il est important de renforcer cette communauté, à travers de workshops par exemple, afin que chacun puisse apprendre des expériences des autres. Finalement, je veux solidifier les pôles de spécialités que nous avons – tels que la cybersécurité, la précision, ou encore la robotique – et m’assurer que nous continuions à amener les entreprises qui sont les plus innovantes dans ces pôles de compétences.

Futur centre de formation avec la HEIG-VD

Yverdon, avec la HEIG-VD et l’Y-Parc, est aujourd’hui reconnu comme un pôle de la cybersécurité en Suisse. Pourquoi? 

Nous hébergeons des entreprises particulièrement innovantes et reconnues dans le secteur, telles que Netguardians, Sysmosoft et Snap Switzerland. Le fait que l’éditeur de Snapchat ait décidé d’établir sa filiale chargée de la sécurité de l’application pour le monde montre le talent technique qui est disponible dans la région (lire L’Agefi du vendredi 17 novembre). Nous avons aussi des entreprises qui offrent d’autres solutions de sécurité, telles que Novaccess et Objectis.

Il y a actuellement un manque d’ingénieurs en sécurité informatique et la demande ne va faire que grandir dans les années à venir. Quelles solutions doivent être mises en place pour remédier à ce problème?

Il y a besoin de plus de programmes et d’écoles de formation pour le côté technique et pratique de la cybersécurité, pas seulement des écoles d’ingénieurs. Nous devons inciter plus d’entrepreneures à créer des solutions et produits de cybersécurité.

Quel rôle joue l’Y-Parc à ce niveau-là?

Nous sommes en train d’explorer un projet avec nos partenaires pour créer un centre de formation dédié à la cybersécurité à l’Y-Parc. Nous faisons notre possible afin d’inciter de nouvelles entreprises (des start-up comme des PME actives dans ce domaine) à s’établir à Yverdon et nous offrons un incubateur pour soutenir la commercialisation et le développement de projets sortant de l’HEIG-VD. – (LU)

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Leila Ueberschlag

AGEFI

 



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