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Meyer Burger délocalise: 180 emplois touchés
 
Le 03-11-2017

Canton de BerneLe groupe bernois transfert en Chine son secteur de production. Unia dénonce une «saignée».

Meyer Burger va cesser ses activités de production à Thoune, lieu de son siège, pour en transférer une partie en Chine. Quelque 180 emplois doivent passer à la trappe sur le site bernois.

La mesure annoncée jeudi par le spécialiste bernois des systèmes et installations pour l'industrie photovoltaïque doit prendre effet à fin 2018. C'est un coup très dur pour Thoune, dont l'entreprise est un des principaux employeurs.

Le président de la ville, Raphael Lanz, estime que cette décision n'a rien à voir avec la compétitivité et les conditions cadres de l'Oberland bernois. C'est plutôt la conséquence de la concentration en Chine d'une bonne partie du marché du photovoltaïque en général. Les entreprises suisses ne peuvent pas rivaliser avec les conditions de production de l'Empire du Milieu. «Cela a de quoi causer des soucis à la place économique suisse», estime M. Lanz, questionné par l'ats.

Améliorer l'efficacité

Dans un communiqué, Meyer Burger explique la nécessité d'améliorer son efficacité. Le groupe de Gwatt, en banlieue de Thoune, tente de redresser sa rentabilité depuis plusieurs années.

«La décision (de fermeture) n'a pas été facile à prendre», précise Hans Brändle, directeur général, cité dans le communiqué. «Mais elle s'avère nécessaire pour garantir l'avenir du groupe.» Les dirigeants ont promis de prendre des mesures pour limiter au maximum leur impact social.

Le transfert en Chine doit permettre de travailler avec plus de souplesse, de réduire les frais et les délais de livraison et de se rapprocher de la clientèle.

Le transfert de production concerne notamment le secteur des scies diamantées. La mesure devrait entraîner la perte de 180 emplois au maximum sur le site thounois, relève Meyer Burger. Le nombre de licenciements n'a pas été chiffré précisément.

Les autorités de la ville déplorent le fait que de nombreux emplois qualifiés sont concernés. Mais Raphael Lanz espère qu'une partie du personnel au moins pourra retrouver un poste dans la région. «Toutes les entreprises de Thoune n'ont pas les mêmes soucis» que Meyer Burger, observe-t-il.

Thoune perdra la production, mais conservera les activités de vente, de marketing, de recherche et de développement et continuera à héberger le siège de l'entreprise.

«Une saignée»

Unia dénonce une «saignée». L'arrêt de la production entraînera la perte de 250 emplois en terres bernoises, si l'on tient compte des apprentis et des emplois temporaires, dénonce le syndicat dans un communiqué. «Vouloir séparer les activités de recherche et de développement de la production constitue une erreur stratégique.»

Vu l'ampleur des mesures annoncées, Unia exige du conseil d'Etat bernois la constitution d'une task force avec des représentants du canton, de la ville de Thoune, du personnel et des partenaires sociaux. Son but serait de «préserver un maximum d'emplois à Thoune».

Et le syndicat de formuler un souhait et d'en appeler au Conseil fédéral: «Si la Suisse veut profiter des immenses opportunités offertes par la transformation écologique, elle doit enfin mener une politique industrielle moderne.»

Une fois la restructuration achevée, Meyer Burger s'attend à une amélioration de l'ordre de 10 millions de francs du résultat d'exploitation (EBITDA), dès l'exercice 2019. Dans un premier temps, le train de mesures entraînera des dépenses extraordinaires de 10 millions de francs au total, qui seront imputées sur les exercices 2017 et 2018, à parts égales.

Attentes confirmées

A cela s'ajoutent des coûts sans effet sur les liquidités pour un montant de 40 millions de francs, qui consistent en des corrections de valeurs, notamment sur le complexe de Thoune, et en des amortissements. Ils seront passés sur l'exercice 2017.

Par ailleurs, pour 2017, le groupe confirme ses attentes en matière de chiffre d'affaires, qui devrait atteindre 440 à 460 millions de francs. Les prévisions pour l'EBITDA en revanche sont réévaluées et se montent désormais entre 5 et 15 millions de francs.

La société prévoit enfin une réorganisation de son site néerlandais de Eindhoven - qui emploie actuellement 75 personnes - à l'horizon 2018, sans entrer dans les détails. A la Bourse suisse, Meyer Burger faisait figure de perdant du jour. L'action a décroché de 9% dans les premiers échanges, avant de se ressaisir quelque peu en ne cédant plus que 5,98% vers 14h15.

24heures.ch

 



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