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Le centre LEARN de l’EPFL permet de réunir les efforts et compétences dans l’éducation
 
Le 11-10-2018
de MicroTech Industry® - News des associations et de la formation

Les méthodes d’éducation sont encore largement les mêmes qu’il y a 50 ans. Mais l’évolution des profils d’emplois exige de nouveaux modes de réflexion adaptés au digital.

L’éducation a un énorme besoin de rattrapage. Le professeur à l’EPFL et directeur du centre LEARN dédié aux sciences de l’éducation Francesco Mondada l’a mis en évidence par une comparaison guère flatteuse s’appuyant sur ses racines familiales. A l’occasion de l’ouverture de ce nouveau centre, il a constaté que dans l’horlogerie, même la production d’une montre mécanique peut se faire de manière totalement automatisée, ce qui est emblématique pour le processus dans cette industrie au cours des dernières décennies, qui est passée de l’artisanat de précision à une production largement automatisée. Du côté de l’éducation, en revanche, le livre reste l’outil pédagogique principal, comme si la digitalisation n’avait pas eu lieu. Seulement les tableaux noirs sont devenus plus tactiles et interactifs. “Pourquoi l’éducation est-elle restée dans l’ancien système?” a-t-il demandé.

Les tentatives d’apporter de nouveaux concepts issus de la recherche n’ont souvent pas abouti. Une expérience concluante menée en laboratoire avec quelques élèves n’est simplement pas suffisante pour juger de son applicabilité sur le terrain. Comparé à l’industrie, il existe un fossé nettement plus large entre la recherche et sa mise en pratique. L’un des éléments indispensables trop souvent oubliés est que pour introduire une nouvelle méthode avec succès, il faut d’abord l’apprendre aux enseignants, qui peuvent à leur tour donner des indications précieuses pour de futures recherches.

Car les enseignants peuvent estimer qu’une approche n’est pas applicable à leur classe, alors que maintes expériences scientifiques ont prouvé le contraire! “C’est le rôle du centre LEARN: avoir dès aujourd’hui un impact sur le système éducatif - et nous arrivons déjà bien tard. Nous voulons augmenter l’impact, combler le fossé entre la recherche et les praticiens. Cela signifie aller directement dans les écoles, former les enseignants, mettre ensemble les deux héros que sont les enseignants et les chercheurs.”

Le robot Thymio, dont 42.000 exemplaires sont déjà en utilisation et dont le développement a été coordonné par Francesco Mondada, représente une expérience très positive dans ce domaine. “Pour donner des instructions à un robot, vous devez d’abord connaître la manière dont un robot réfléchit”, a souligné le vice-président pour l’éducation à l’EPFL Pierre Vandergheynst. Cela passe notamment par trois outils de programmation plus ou moins complexes.

Mis en place en un peu plus d’une année seulement, le centre LEARN fédère toutes les initiatives et compétences déjà bien présentes à l’EPFL dans le domaine des sciences de l’éducation. L’urgence perçue vient du fait que le monde du travail est en train de vivre un bouleversement - et l’éducation n’en a pas encore pris la mesure. “Il y a 60 ans, un ingénieur avait conçu une turbine en la fabriquant physiquement pour étudier les flux d’eau. Ensuite, dans les années 1960/1970, la puissance de calcul des ordinateurs a permis de simuler ces flux, et les ingénieurs ont passé 80% de leur temps face à des outils CAD. Mais cela n’a pas fondamentalement changé leur manière de penser. Les ordinateurs les avaient juste aidés à effectuer leurs tâches mieux, et plus vite. Au tournant du 21e siècle cependant, de nouveaux outils ont émergé, qui ne peuvent pas être le produit d’un esprit humain. Une pièce conçue par l’intelligence artificielle et fabriquée par une imprimante 3D peut utiliser un quart du matériel et peser un tiers du poids d’une pièce d’ingénierie. Entre plusieurs variantes, l’ingénieur choisit la pièce qui lui semble la meilleure. C’est ainsi que Pierre Vandergheynst a retracé l’évolution. Les nouvelles questions computationnelles requièrent un éventail de compétences complètement différent des précédents.” Cela se traduit par exemple par le fait qu’en plus des mathématiques et de la physique, la pensée computationnelle s’impose en tant que troisième pilier des cursus à l’EPFL. Celle-ci traite notamment de la manière d’utiliser des algorithmes dans la recherche, et comment interpréter et analyser correctement les données qui en ressortent.

La mission du centre LEARN sera de faire de la recherche translationnelle, c’est-à-dire de développer des innovations par le biais d’un processus permettant de transformer des résultats de recherche de sorte à avoir un impact concret sur l’éducation. Il reste ainsi fidèle à l’approche de l’EPFL de partager ses propres expériences avec un public allant bien au-delà de son campus.

Quelques initiatives de l’EPFL dans l’éducation

Même si l’EPFL ne revendique pas avoir anticipé les évolutions dans la science de l’éducation, il se trouve que ses initiatives s’inscrivent pleinement dans les formations pour acquérir les compétences dans le digital aujourd’hui très demandées. Elle a ainsi lancé les cursus MOOCs en 2012, et en est aujourd’hui le leader européen, avec plus de deux millions de personnes inscrites et plus de 100 cours donnés en ligne. Ces MOOCs permettent également de mieux comprendre comment les étudiants apprennent, de mieux déceler leurs faiblesses, et d’améliorer aussi les cours dispensés sur le site de l’EPFL. Cela passe aussi par le Learning Companion, qui permet aux étudiants d’évaluer leurs méthodes d’apprentissage et de recevoir des conseils sur la base de données récoltées de tous les étudiants. Il en ressort la conviction qu’une combinaison des deux approches génère les meilleurs résultats.

L’autre modèle fort dans l’éducation en ligne est l’EPFL Extension School, un modèle de formation plus basé sur l’interaction one-to-one, avec un très haut taux de succès, focalisé sur les compétences digitales (L’Agefi du 15 mars).

Le Swiss edTech Collider vise à créer des relations entre 75 start-up, qui ont recours à la technologie dans des domaines couvrant tout le spectre de l’éducation. Il vise ainsi à concrétiser le transfert technologique dans le domaine de l’éducation. Une application permettant d’améliorer l’interaction entre enseignants et étudiants n’est qu’un élément de celui-ci. Cette structure devrait améliorer la visibilité des start-up présentes, et de bénéficier de l’écosystème de l’EPFL. Quant au projet Go-Lab, qui ouvre des laboratoires de science en ligne à des étudiants et des enseignants pour mener des expériences aussi au niveau primaire et secondaire, il compte actuellement 150.000 enseignants enregistrés, en Europe et au-delà.

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Christian Affolter

AGEFI

 



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