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L’EPFL veut agir sur la confiance numérique
 
Le 20-12-2017
de MicroTech Industry® - News des associations et de la formation

Cybersecurity Day. Martin Vetterli a dévoilé la création du Center for Digital Trust. Huit partenaires institutionnels et industriels sont en discussion pour rejoindre la plateforme.

A l’occasion de la Journée de la cybersécurité, l’EPFL a présenté le Center for Digital Trust. Huit partenaires institutionnels et industriels sont en discussion pour rejoindre cette plateforme dont l’objectif est de devenir un pôle de référence en matière de sécurité informatique, de protection des données et de respect de la vie privée dans le monde numérique. Le professeur Jean-Pierre Hubaux, directeur académique du Centre, nous a expliqué ce nouveau projet plus en détails.

Quel va être le rôle de ce nouveau centre?

Nous voulons créer une dynamique avec différents partenaires extérieurs. Ces derniers vont mettre sur la table leurs problèmes, du financement et éventuellement des données. Ce dernier point est sensible car elles doivent être correctement anonymisées. De son côté, le Centre va chercher à apporter des réponses mais nous restons un établissement académique et non une société de services. Il est important pour nous d’identifier des problèmes qui sont intellectuellement intéressants et avec un potentiel de publication. Il ne faut pas oublier que l’EPFL apporte aussi un financement. Elle ouvre en particulier deux nouvelles chaires d’enseignement et de recherche en la matière.

Concrètement, à quels types de problèmes répondrez-vous?

Nous avons déjà commencé à travailler avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ils ont une obligation de protéger les personnes à qui ils portent assistance, ce qui comprend leurs données numériques. Ils utilisent un certain nombre de techniques mais ils savent qu’ils peuvent aller plus loin et qu’ils doivent se préparer à l’avenir. Nous étudions le déploiement de solutions qui permettent, par exemple, de travailler sur des données qui soient maintenues chiffrées. Il existe des techniques inconnues du grand public qui ont atteint un niveau de maturité intéressant. Nous collaborons aussi actuellement avec Swisscom, Swissquote, le Chuv et Sicpa, notamment.

Le Centre a un potentiel d’innovation et de transfert de technologies important. Le monde académique ne se limite pas à «publish or perish», nous avons aussi un rôle à jouer dans le transfert de technologies sans oublier une vocation de formation. Nous pourrons en particulier favoriser l’éclosion de start-up. La formation et la sensibilisation font aussi partie du projet car il y a un énorme besoin en la matière. C’est en grande partie à ce niveau que la confiance et la sécurité numérique vont se jouer.

La plateforme aura-t-elle aussi un rôle de coordinateur?

Il existe effectivement un potentiel de discussion entre les partenaires et nous pouvons créer cette dynamique. C’est une plateforme qui permet, par exemple, à des responsables de Swissquote et de Swiss Re de se rencontrer autour d’une préoccupation commune. Ce qui n’arriverait pas forcément ailleurs.

Pourquoi ce choix de parler de confiance numérique?

C’est un élément crucial dans une société humaine. Le degré de confiance et de prospérité sont directement liés. L’humain a développé des techniques – comme le langage – dans ce but mais le défi est de les transposer dans le monde numérique. Mais nous n’avons pas des millénaires pour y arriver et la situation se dégrade. Nous devons résoudre le problème en une à deux générations, le plus tôt sera le mieux.

«Le monde a besoin de repères pour surfer la vague numérique»

Le Center for Digital Trust de l’EPFL vise à devenir un pôle de référence en matière de sécurité informatique, de protection des données et de respect de la vie privée. Huit partenaires institutionnels et industriels sont en discussion pour la rejoindre et participer à son financement. Il s’agit du CICR, du Chuv, ainsi que des entreprises Elca, Sicpa, Swisscom, Swissquote, SGS et SwissRe. Le rôle de ces partenaires, en contact direct avec la population et les entreprises, sera d’actualiser les besoins de leurs interlocuteurs et d’associer leurs spécialistes avec des chercheurs pour résoudre des problèmes concrets.

«La digitalisation est souvent comparée à une grande vague qui déferle sur le monde. Le monde a besoin de repères pour apprendre à la surfer en toute confiance», a estimé Martin Vetterli, président de l’EPFL. Il se donne comme but de contribuer à créer cette confiance, «indispensable à une société démocratique et ouverte, à la protection de l’individu ainsi qu’à la prospérité économique». Le défi du numérique est actuellement au centre de l’attention du monde économique comme politique. On peut relever que plus de 80 interventions parlementaires ont récemment été enregistrées en Suisse à ce sujet.

A cette occasion, l’EPFL ouvre deux nouvelles chaires d’enseignement et de recherche. Celles-ci s’ajouteront aux 24 laboratoires de diverses facultés qui travaillent déjà en lien avec cette problématique. L’objectif est le développement d’outils et de «trust technologies» qui visent à instaurer un climat de confiance durable entre les utilisateurs et les fournisseurs de services «afin de renforcer leur adoption et en tirer le meilleur parti». Le Centre va connaître un coup d’accélérateur avec la décision du Parlement de limiter l’ampleur des restrictions budgétaires qui touchent la Formation, la recherche et l’innovation.

Trois piliers sont nécessaires afin d’établir un climat de confiance dans un monde dématérialisé: la cybersécurité, qui doit garantir que les données circulant sur les réseaux ne puissent pas être piratées; la transparence quant aux processus et à la façon dont ces données sont distribuées et stockées; la protection de la sphère privée, pour garantir que les informations personnelles, médicales ou financières par exemple, ne seront pas diffusées à des tiers non autorisés.

Cet article vous est offert par Swissquote
Johan Friedli
AGEFI

 



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