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EPFL - Un pavillon qui témoigne d'une recherche innovante
 
Le 11-09-2017
de EPFL

La conception du nouveau Pavillon du Théâtre de Vidy, à Lausanne, a bénéficié de nombreuses années de recherches de l’EPFL. Une exposition racontant ce transfert technologique et présentant des maquettes d’étudiants, une conférence et le vernissage d’un livre relatant l’aventure accompagnent son inauguration, fixée au 11 septembre.

Le nouveau Pavillon du Théâtre de Vidy remplace l’ancien Chapiteau, connu comme salle de répétition et de représentation. Inauguré le 11 septembre, il marque un nouveau départ pour ce haut lieu de la culture lausannoise ainsi qu’un important transfert technologique du Laboratoire IBOIS de l’EPFL.

Dès l’entrée du bâtiment, une atmosphère enveloppante nous accueille. Immédiatement, les yeux balaient, des murs au plafond, les 33 panneaux en bois recouverts de peinture noire. La structure de l’édifice est pleinement visible, avec des pièces de bois allant jusqu’à 21 mètres de portée. L’absence de poutre laisse un champ de vision idéal aux 250 sièges et à la scène de 19 mètres de large. Les panneaux en bois sont enchevêtrés les uns aux autres comme un puzzle en 3D. De l’extérieur, le bâtiment se présente comme un origami japonais.

Directeur du Laboratoire IBOIS, l’architecte et ingénieur Yves Weinand est à l’origine du projet. Depuis plus de 10 ans, il défend une synthèse entre architecture et ingénierie civile incarnée par un usage dominant et écologique du bois et un style architectural unique, car déterminé par la méthode de construction. A cette échelle, les «joints à tenons», qui relient les panneaux de bois du Pavillon entre eux, sont une nouveauté issue de la recherche de son laboratoire. Ils permettent un usage limité de joints métalliques et de colle lors de la construction en proposant simplement une jonction bois-bois et diminuent les coûts liés au tri des matériaux, en cas de démontage ou de transformation du bâtiment. Interview.

Dans un dossier spécial du magazine TRACES (juillet 2017), vous indiquez que le Pavillon du Théâtre de Vidy est avant tout un bâtiment conçu dans un «esprit académique». Qu’entendez-vous par-là?

Vincent Baudriller, le directeur du Théâtre Vidy-Lausanne, assimile la conception de ce bâtiment à la production d’une pièce de théâtre. Ainsi un dialogue fort et innovant caractérise la genèse de ce projet. Cette ouverture a d’abord permis de définir ensemble le parti architectural, mais elle a également permis d’envisager un chantier dans un esprit créatif et d’innovation. Nous avons donc pu transférer à l’industrie notre usage de maquette numérique pour le découpage de panneaux en bois, notre méthode de fabrication des joints bois-bois et l’idée de proposer une double courbure à la structure en plis du bâtiment. Ces éléments se basent, entre autre, sur deux thèses (des chercheurs Christopher Robeller et Andrea Stitic, ndlr) et plusieurs publications de notre laboratoire. Un autre transfert technologique, accompagné de deux publications scientifiques, s’est opéré pour le test de la rigidité rotationnelle de ce type de panneaux en bois (Julien Gamerro, Stéphane Roche, ndlr). Enfin, une thèse qui calcule également cette rigidité s’est servie de la construction du Pavillon pour appliquer et vérifier ses conclusions (Stéphane Roche, ndlr). Du côté pédagogique, nous avons demandé en 2016 à des étudiants de bachelor en architecture de construire des variantes du projet final en tenant compte des mêmes contraintes imposées. Une exposition de leurs maquettes dans le nouveau Pavillon permettra de découvrir leurs propositions.

En quoi l’inauguration du Pavillon du théâtre de Vidy marque-t-elle une étape dans la vie du Laboratoire IBOIS?

En tant que théâtre ancré dans l’histoire de la ville de Lausanne, il s’agit du premier bâtiment qui illustre un transfert technologique de notre laboratoire à une échelle nationale et internationale. Bien sûr, utiliser des édifices de prestige montre la valeur de la technique de construction en bois, mais nous voulons aussi montrer qu’elle est valable pour une architecture dite standard. Durant le chantier, nous avons ainsi reçu la visite de plus de soixante entreprises intéressées à comprendre notre recherche et la méthode de construction qui en résulte. Le Pavillon de Vidy n’a coûté que 2,8 millions, équipements scénographiques compris et hors frais de recherche. Cette somme est modeste comparée à d’autres bâtiments emblématiques de ce type, ce qui amène les industriels à réfléchir. Enfin, je pense que ce bâtiment montre la nature empirique de notre recherche: les contraintes de construction et de structure ont déterminé la forme du bâtiment.

Le Pavillon est un bâtiment modulable et démontable. En quoi cette particularité le relie au bâtiment historique du théâtre de Vidy?

Cette caractéristique nous a aidés à élaborer notre argumentaire auprès de l’architecte cantonal pour défendre ce projet. Le Théâtre Vidy-Lausanne est historiquement une structure temporaire datant de l’Exposition nationale de 1964. A ce titre, ses éléments étaient voués à être démontés. Ils sont pourtant encore là. Le nouveau Pavillon s’inscrit dans cet esprit. Au niveau des proportions des éléments modulaires, il s’inspire également du bâtiment historique. Deuxièmement, toutes les salles conçues par Max Bill, l’architecte initial, sont orientées est-ouest. Le Pavillon, orienté nord-sud, correspond à un projet d’extension du théâtre qu’il avait lui-même proposé lors d’un concours d’architecture. Toutes ces questions et toutes les étapes de la construction du bâtiment sont détaillées dans le livre que nous publions conjointement avec le Théâtre de Vidy.

Auteur : Sandrine Perroud
Source : ENAC | Environnement Naturel, Architectural et Construit

 



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