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Première mondiale à Genève: le robot Kuka en concert avec le Professeur Oberson
 
Le 29-08-2018
de MicroTech Industry® - News des expositions

Pour ses 90 ans, la FER Genève fait le show en alliant robotisation, intelligence artificielle (IA) et être humain sur une scène musicale. Xavier Oberson, professeur d’université, avocat et musicien donne un concert avec un robot de 3 mètres.

Pour ses 90 ans, la Fédération des Entreprises Romandes Genève (FER Genève) s’offre le show. Plus de quatre mille personnes étaient présentes mardi à Palexpo pour la soirée de rentrée sur le thème de la révolution industrielle 4.0 et de la robotisation, en présence notamment d’Ivan Slatkine, président de la FER Genève, de Blaise Matthey, son directeur général, ainsi que Pierre Maudet, président du Conseil d’Etat.

En guest stars, Xavier Oberson, professeur de l’UniGe en fiscalisté, avocat et musicien et Kuka, robot allemand de trois mètres de haut, créé en Autriche par des ingénieurs en robotique de la Kunstuniversität de Linz. Sander Hofstee, enseignant, designer indépendant pour différentes marques, participe à des projets multidisciplinaires du Creative Robotics Lab de l’Université de Linz. Johannes Braumann, professeur, depuis 2017 en Creative Robotics à l’Université de Linz, est le développeur en chef de KUKA|prc. Il a cofondé l’association Association for Robots en 2011 dans le but de rendre les robots accessibles à l’industrie créative.

Une première mondiale pour cerner les effets la digitalisation de l’économie sur les entreprises et sur la société. C’est la question que la FER Genève a décidé d’examiner tout au long de l’année 2018, à l’occasion de son 90ème anniversaire.

«Ce monde nouveau, pour mieux l’appréhender, pour mieux le comprendre, mais surtout pour faire en sorte qu’il reste centré sur les valeurs humaines, doit se construire sur des bases solides. Ces bases sont, de toute évidence, un système de formation et d’éducation de qualité qui permet à chacun de trouver sa place dans la société.»

C’est ainsi qu’Ivan Slatkine, président de la FER Genève, a livré sa vision de l’avenir lors de son allocution.

«Ce système doit aussi favoriser la créativité, car si l’intelligence artificielle permet de remplacer dans certains cas l’être humain par des robots, ou si elle permet de fantastiques progrès au niveau scientifique, aucune intelligence artificielle ne pourra se substituer à la créativité humaine, aux émotions, à la passion (…)», a-t-il continué.

«Cette révolution doit être source de bien-être général. Elle peut permettre, par exemple, de mieux gérer nos ressources et de protéger notre environnement», a illustré Blaise Matthey, directeur général de la FER Genève.

Rencontre avec Xavier Oberson, musicien, professeur ordinaire de droit fiscal suisse et international à la Faculté de droit de l'Université de Genève et associé dans une étude d'avocats genevoise spécialisée dans le domaine du droit fiscal.

Quelle était votre motivation à participer à cette aventure?

Cela fait longtemps que je m’intéresse à l’Intelligence Artificielle (IA) et à la robotique. J’ai donné de nombreuses conférences dans le monde à ce sujet, notamment en lien avec l’avenir du travail et la taxation des robots. En parallèle, je joue de la musique, et plus spécifiquement de la guitare électrique, depuis 40 ans. L’idée de me confronter musicalement à un robot m’a donc immédiatement séduit.

Comment interagit-on avec un robot comme Kuka, haut de 3 mètres?

Etonnement bien. C’est un moment très fort. J’ai été très impressionné. Mais cette prouesse a nécessité 6 voire 8 mois de préparation, avec les développeurs de la Kunstuniversität de Linz. Car le robot joue vraiment de la guitare. Avec ses doigts. Sans play-back. C’est incroyable. Nous jouons ensemble des morceaux, que j’ai composés, pour lui et pour moi. Je joue mon style. Il est codé. Lorsque j’improvise en solo de guitare, il continue à jouer ses notes. Nous sommes en live, sans filet. C’est bluffant. Mais le point positif de cette expérience, c’est que le robot est loin d’atteindre le niveau de créativité de l’être humain. Kuka n’est pas capable d’improviser. Il y a encore beaucoup de marge. Mais, un jour, la technologie le permettra.

Depuis deux ans, vous avez lancé le concept de taxation des robots. Comment avance ce dossier? En Suisse?

J’ai lancé en 2016 cette idée de taxation des robots, de manière assez provocatrice. Depuis, on y travaille, on réfléchit. Des gens sont contre. D’autres pour. C’est assez iconoclaste de taxer les robots. Les Américains y sont farouchement opposés. J’ai même reçu des mails d’insultes. A l’exception de Bill Gates, qui avait soutenu cette solution de taxation des robots dans une interview. Il n’a pas démenti depuis. Je ne suis pas en contact avec lui. Les chercheurs européens trouvent l’idée intéressante, mais il est sans doute trop tôt pour appréhender cette idée du futur.

Quid de la réflexion lancée par le Parlement européen sur le statut juridique du robot?

Les travaux avancent lentement au Parlement européen sur la question de la personnalité morale des robots. Il en va de même sur le thème de la taxation des robots qui est très controversée.

L’engouement du départ se tarit-il?

Absolument. Il reste au niveau du débat d’idées. C’est un travail de chercheur. Je suis invité dans de nombreuses conférences mondiales. Des étudiants font leur travail de thèse, nous sommes en contact. Personnellement, je suis convaincu que dans un futur proche, on va se rendre compte que l’IA impactera toutes les professions. Il faudra alors trouver des solutions pour le financement de la sécurité sociale.

Que faites-vous pour vous confronter et vous former à la robotique au-delà de ce concert live avec Kuka?

Lors de mes voyages, je visite des usines, des laboratoires, pour apprendre. En 2017, j’ai pris un congé scientifique de 6 mois, pour aller au Japon notamment, pour accroitre mon expérience terrain. J’ai rencontré des experts en robotique, j’ai visité l’usine automatisée de Toyota.

Elsa Floret
AGEFI

 



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