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Les robots inventés en Suisse se multiplient
 
Le 06-05-2019

Grâce notamment à la proximité avec l’EPFL, Rovenso, Bluebotics ou encore Teleretail développent des machines autonomes futuristes

Surnommée la «Drone Valley», la région lausannoise est connue comme le berceau de plusieurs dizaines de sociétés actives dans les robots volants. Mais dans l’ombre des drones, de nouveaux robots dotés de roues, de bras articulés, de caméras et de lasers se multiplient. De plus en plus de start-up, pour la majorité issues de l’EPFL, se spécialisent dans ces machines. Mardi soir, plusieurs d’entre elles sont venues présenter leurs avancées sur invitation du Groupement des ingénieurs des technologies de l’information (GITI), qui organisait une conférence sur le site de la haute école.

Pour Daniel Cordey, membre du comité du GITI, «il existe actuellement une effervescence, en Suisse romande, autour des robots. Les jeunes se passionnent pour ce monde, où se croisent désormais l’intelligence artificielle, la mécanique ou encore le big data. L’EPFL forme des spécialistes de haut niveau et nous avons la chance, avec les hautes écoles spécialisées d’Yverdon, de Genève, de Fribourg et de la région neuchâteloise, de disposer d’ingénieurs très qualifiés.» De quoi permettre l’émergence d’un géant suisse? «Il n’y a clairement pas l’écosystème de la Silicon Valley ici et le marché local est très restreint. Certaines start-up parviennent à s’expatrier. Parfois, d’autres se font racheter par des groupes étrangers.»

Robots de surveillance
Thomas Estier a cofondé Bluebotics, basé à Saint-Sulpice, en 2001, avant de lancer en 2016, avec des partenaires, Rovenso, situé à l’Innovation Park de l’EPFL. «Il existe aujourd’hui 25 laboratoires de robotique entre Lausanne et Zurich et 68 start-up actives dans ce domaine, explique-t-il. Nous profitons d’une densité incroyable de chercheurs.» Sa nouvelle société, Rovenso, conçoit des robots dits agiles pour des opérations de sécurité et de surveillance principalement à l’extérieur, par exemple sur des sites pétroliers ou gaziers. Son robot est notamment capable, via des capteurs thermiques, de repérer des départs de feu. «Le but de notre machine est qu’elle prenne tous les risques à la place des hommes, mais aussi qu’elle soit active 24 heures du 24», ajoute Thomas Estier.

Le robot de Rovenso, qui compte cinq employés, est capable de se mouvoir sur des surfaces accidentées. La version actuelle, qui pèse 50 kilos et qui dispose de huit heures d’autonomie, peut aussi être utilisée dans des usines. «Notre machine est capable, via des lasers, de cartographier en une vingtaine de minutes une halle d’une surface de 4500 mètres carrés. Ensuite, en patrouillant sans cesse, elle peut détecter si un paquet placé sur une étagère a été déplacé ou a disparu, et le cas échéant lancer une alerte», poursuit Thomas Estier. Le robot, qui sera à l’avenir équipé de caméras, est déjà capable d’effectuer des analyses acoustiques de son environnement pour détecter des anomalies. Des prototypes sont actuellement fabriqués en Chine.

Guidés par laser
A quelques kilomètres de là, Bluebotics a dépassé le statut de start-up. La société compte 26 employés et a réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions de francs l’an passé. Elle s’est spécialisée dans les systèmes de navigation et d’autonomisation pour les véhicules industriels. «On parle beaucoup des voitures autonomes, mais le premier secteur qui sera concerné par des véhicules automatiques sera l’industrie, car elle propose des environnements beaucoup plus facilement contrôlables que les routes, affirme Gaëtan Burri, ingénieur chez Bluebotics.

La société ne conçoit pas directement les véhicules, mais elle les rend autonomes selon les demandes de ses clients. Ainsi, Bluebotics a développé un robot guide pour l’aéroport de Genève, des kiosques mobiles permettant de faire le check-in dans différents endroits de l’aéroport, mais aussi des robots chargés du nettoyage. Les machines de Bluebotics sont aussi capables de transporter du matériel, par exemple dans des entrepôts d’entreprises d’e-commerce ou dans des hôpitaux. La société utilise principalement des lasers pour que ses machines circulent de manière autonome.

Tests en Californie
Basé à Sierre depuis 2014, avec des opérations en Allemagne et aux Etats-Unis, Teleretail n’hésite de son côté pas à faire circuler ses robots dans l’espace public. Semblables à des caisses à savon high-tech, ces machines sont dotées de trois roues, peuvent circuler à la vitesse de 7 km/h et transporter des charges de 35 kilos. Teleretail multiplie actuellement les tests. «En Allemagne, nous avons noué un partenariat avec le groupe Thyssenkrupp, afin de voir comment nos robots pourraient prendre tout seuls les ascenseurs pour effectuer des livraisons à domicile», explique Xenia Scholl, responsable du développement chez Teleretail.

Toujours en Allemagne, ces véhicules ont permis à l’opérateur de téléphonie mobile Vodafone de mener des tests de performance de son réseau. En Suisse, Teleretail a mené des tests avec La Poste pour des livraisons de colis. «Dans les aéroports, un espace très intéressant pour les robots, nos machines pourraient vous livrer à votre porte d’embarquement ce que vous avez acheté au duty free», poursuit Xenia Scholl. Pour l’heure, la société continue, en partenariat avec l’Agence spatiale européenne qui l’aide pour la navigation, à tester ses véhicules dans plusieurs communes du Valais, mais aussi à Mountain View, en Californie.

Le Temps

 



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