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Maître de la miniaturisation électronique des dispositifs médicaux
 
Le 25-03-2019

Valtronic à la Vallée de Joux utilise l’expertise horlogère de haute précision pour produire des composants d’implants.

Habillés de pied en cap avec des vêtements spéciaux exigeant une procédure astreignante, les opérateurs de la salle blanche qui font de l’assemblage microtechnique travaillent tous à l’aide d’un micro­scope binoculaire. Spécialisée dans la conception et la fabrication de composants électroniques destinés principalement à des dispositifs médicaux, Valtronic pousse toujours plus loin la miniaturisation de ces produits vitaux dans le traitement de certaines maladies, qui se logeront dans de nombreux cas dans le corps du patient.

La salle blanche de l’entreprise des Charbonnières, à la vallée de Joux – d’une surface de 300 m2 – n’est pas nouvelle, tant s’en faut. Elle a été inaugurée en 1992. Toutefois, explique le directeur général, Rainer Platz, aujourd’hui, il faut intégrer un nombre croissant de fonctionnalités dans les dispositifs de plus en plus petits conçus par ses clients. Il s’agit dès lors de développer de nouveaux processus industriels pour la production miniaturisée de circuits intégrés ou de puces. «Sur certains aspects, notre savoir-faire découle de l’expertise horlogère de haute précision.» Dans la salle blanche, comme dans les autres ateliers, différentes technologies d’intégration et d’encapsulation sont utilisées. La production standard se fait sur des machines automatisées. Mais dans le médical de «haute technicité» – pour des séries de l’ordre de 7000 pièces par an –, combinant micromécanique et microélectronique, le travail d’assemblage manuel et d’inspection visuel reste très important. Il est réalisé par des opératrices – très majoritaires – capables d’effectuer des microsoudures sous microscope binoculaire.

Multiples applications

Valtronic assemble actuellement en salle blanche des sondes de stimulation du cerveau pour le traitement de la maladie de Parkinson, ainsi que des composants de prothèses d’aide auditive de pointe, portées par des centaines de milliers de patients dans le monde. Sa production s’étend à de multiples applications: dispositifs pour le contrôle et le traitement du diabète, implants soulageant la douleur – par exemple pompes à morphine programmables – ou robots à ultrasons pour le traitement de tumeurs de la thyroïde.

L’entreprise est sous-traitante pour de multiples sociétés et marques que le directeur général ne nomme pas, pour la plupart, en raison d’accords de confidentialité. On connaît certains noms réputés comme Medtronic ou Debiotech. L’entreprise des Charbonnières s’est récemment associée à la start-up issue de l’EPFL Lunaphore pour la conception de son appareil de diagnostic des tumeurs cancéreuses et elle collabore avec Sensimed pour son système de capteur télémétrique intégré dans une lentille de contact souple qui permet d’enregistrer les changements dimensionnels de l’œil afin de traiter le glaucome. Le secteur médical représente aujourd’hui environ 80% des activités du groupe, le reste ressort du domaine industriel et un peu de l’avio­nique, pour lesquels il produit des circuits imprimés et des composants mécatroniques.

Contrôles renforcés

Quand on évoque la question du renforcement des contrôles touchant aux prothèses et dispositifs médicaux, Rainer Platz ne trahit aucune inquiétude. La chose n’est pas nouvelle, et il affirme que l’entreprise est engagée depuis longtemps dans toutes les procédures de contrôle, qui passent par la certification des processus industriels et des équipements, les audits de la manufacture et des procédures de travail, les contrôles des matières premières et des pièces des fournisseurs, ainsi que des produits – à l’interne comme chez le client – jusqu’aux essais cliniques selon les dispositifs. L’usine proche des lacs de Joux et Brenet compte une centaine de collaborateurs, dont une quarantaine à l’assemblage et 35 à 40 au département de recherche et développement, formés d’ingénieurs spécialisés dans la conception de produits, l’industrialisation, les logiciels ou les systèmes qualité. Le groupe Valtronic, qui dénombre au total près de 350 employés, dispose de deux autres unités de production: au Maroc (120 emplois), qui lui fournit des cartes électroniques et des sous­assemblages, et aux États-Unis (120 employés à Cleveland), qui produit des composants pour le marché nord-américain, «un marché très dynamique où il est important d’être présent», relève le directeur général, en poste depuis trois ans.

Rainer Platz, ingénieur de formation passé chez Sonova, est optimiste quant à la marche des affaires à venir. Il indique que plusieurs projets d’importance vont arriver en production et qu’il a de «grosses ambitions» de chiffre d’affaires. Des aménagements dans les ateliers pour accueillir de nouveaux postes de travail sont en cours, mais il ne veut pas donner de chiffres sur la croissance, qu’il croit durable. Chez Valtronic, toutefois, on est devenu plus prudent dans une industrie medtech qui connaît de fortes variations. En 2012, au moment d’inaugurer le nouveau bâtiment destiné à accroître fortement la production, les dirigeants de l’époque disaient vouloir tripler le chiffre d’affaires (près de 50 millions de francs en 2011). Mais, trois ans plus tard, la production d’implants orthopédiques mécaniques a été stoppée dans ce bâtiment – il ne reste qu’une petite production de composants mécatroniques –, et la plus grande partie est occupée maintenant par le sous-traitant horloger Dubois Dépraz.

Née en 1982 de la reconversion d’une entreprise horlogère dans la microélectronique, Valtronic est coutumière de ces phases de haut et de bas. La société – qui s’était liée à Audemars Piguet il y a douze ans pour quelques années – est aujour­d’hui en mains de deux investisseurs privés suisses spécialisés en medtech. Et qui, selon le CEO, ont une vision «à long terme, très stable». (24 heures)

24 Heures

 



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