.
Actualités
Rubriques

Vente

Emploi

Contact

 



La startup Eyeware lève 2 millions pour analyser notre regard
 
Le 30-03-2019

Spécialisée dans le suivi des mouvements des yeux, la startup martigneraine Eyeware vient de franchir un nouveau palier. Grâce à de nouveaux financements, elle espère rapprocher sa technologie du grand public. Les applications potentielles de cette technologie sont innombrables.




Rien n’est plus important que le regard. Dans nos interactions quotidiennes, en voiture, durant une séance de travail ou lors d’un tournoi de poker, le regard véhicule une énorme quantité d’information. Avec l’arrivée massive de l’Internet des objets et des assistants personnels connectés, les relations entre l’homme et la machine vont passablement s’intensifier. Or, pour comprendre les intentions humaines, il est nécessaire que les machines puissent lire et interpréter le regard. A Martigny, la startup Eyeware, issue de l’institut de recherche Idiap et de l’EPFL, en a fait sa spécialité. Grâce à une technologie qui lui est propre, elle vient de lever 2 millions de francs pour poursuivre le développement d’un logiciel de suivi et d’analyse du regard. Les applications potentielles d’une telle technologie sont innombrables.

Sans clavier ni souris

Plusieurs acteurs développent déjà des technologies de «Eye tracking», mais la solution proposée par Eyeware est unique, car elle permet d’utiliser les caméras 3D qui seront intégrées dans la prochaine génération de smartphones et d’ordinateurs portables. «L’iPhone X possède déjà ce type de caméra avec capteurs de profondeur. D’ici à quelques années, il y en aura partout et notre objectif principal consiste à développer un logiciel adapté», assure Kenneth Funes, CEO d’Eyeware. L’application qui saute tout de suite aux yeux est la suivante: avec ce type de technologie, plus besoin de clavier, ni de souris. «L’interaction avec son téléphone ou son laptop pourrait être bien plus facile et intuitive», affirme-t-il encore.

Vers un vaste marché

Vainqueur de l’Arkathon 2015, Eyeware avait alors comme objectif principal de venir en aide aux personnes à mobilité réduite en leur permettant de commander un ordinateur sans clavier, ni souris. «En voyant les multiples domaines d’application potentielle de ses algorithmes, la startup a par la suite pivoté et s’est positionnée comme fournisseuse de technologie plutôt que de produit. Elle bénéficie maintenant de grosses opportunités de marché, car sa technologie fonctionne avec des caméras 3D grand public», révèle Joël Rossier de Cimark, qui soutient les PME et startups en Valais. Le logiciel développé peut toujours s’appliquer aux personnes à mobilité réduite, mais le champ des applications possibles s’est largement ouvert. «Notre système permettrait d’éviter les accidents liés à la somnolence au volant, d’améliorer les interactions avec les robots assistants ou d’offrir des informations nouvelles aux professionnels du marketing. Sans parler des jeux vidéo contrôlés par le regard, des maisons connectées et de l’industrie 4.0», assure Kenneth Funes.

En Valais, les startups qui atteignent ce niveau de financement par année se comptent sur les doigts d’une main, «mais toutes n’ont pas besoin de tels moyens pour développer leurs produits», précise Frédéric Bagnoud de Cimark. Encadrée depuis ses débuts par The Ark, la startup a ensuite été soutenue par Innosuisse. Cette nouvelle levée de fonds de 1,9 million de francs – qui a duré douze mois – a été menée par High-Tech Gründerfonds (HTGF), en partenariat avec Trumpf Venture, Swiss Startup Group et la Banque cantonale de Zurich.

Le dicton populaire affirme que le regard est le miroir de l’âme. Si les machines peuvent le déchiffrer, elles bénéficieront des outils et données pour nous venir en aide comme jamais auparavant. Et là, nous n’aurons plus aucun secret pour elles…

Le Nouvelliste

 



Copyright © 2001 - 2019 Inter Group News All Rights Reserved