Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



Neuf innovations technologiques marqueront la santé du futur
 
Le 31-01-2019

A Genève, la journée Health Valley d’Inartis et Hewlett Packard Enterprise a présenté l’hôpital de demain aux acteurs du secteur, à l’heure de la transition numérique.

«Hôpital digital. Cette association de mots peut paraître antithétique car on voit l’hôpital comme un monde de papiers et de rapports, bien loin du rapide univers des innovations», a affirmé ce mardi Benoît Dubuis, directeur du Campus Biotech de Genève. «Notre évènement Health Valley est donc important pour discuter de l’acceptation des technologies, à la fois dans le milieu hospitalier et au niveau des patients», a ajouté celui qui est aussi président de la Fondation Inartis, à l'origine de ce rendez-vous sur le site d’Hewlett Packard Enterprise (HPE). Le patient était au centre de ce colloque, un patient qui a fondamentalement changé. «Il est plus éduqué. Il s’inquiète de sa pathologie mais aussi du corps médical et de l’utilisation de ses données. Sur Google, une recherche sur vingt touche au domaine de la santé.»

Comment la technologie aidera-t-elle à mieux soigner, accueillir et satisfaire le patient? En réponse à cette question, le congrès a offert neuf pistes de réflexion aux 120 participants, des acteurs de la «vallée de la santé» suisse venant des hôpitaux, des instituts de recherche et des industries pharmaceutiques, biotechnologies ou médicales.

Le séquençage génétique

Décoder le génome humain est maintenant possible, et de plus en plus abordable. «Aujourd’hui, ça coûte pour moins de mille francs. L’accessibilité de cette technologie va surtout en améliorer la portée. Grâce à cette innovation, nous pourrons générer des études de population», a annoncé Benoît Dubuis. De grands tests diagnostiques pourront ainsi servir en identification d’une population à risque, par exemple.

Les smartphones et autres dispositifs portables

Des appareils, au plus près de nous, aideront à monitorer notre santé: smartphones, trackers d’activités, accessoires médicaux portables,… De façon peu intrusive, ces capteurs surveilleront nos indicateurs, pour une meilleure prévention, voire une alerte rapide d’un médecin en cas de besoin. «La technologie est un outil pour donner du temps aux soignants et, par là même, pour améliorer l’expérience des patients», a expliqué Farid Bakli, responsable business développment de Stanley Healthcare, une filiale du groupe américain Stanley Black & Decker. Son entreprise sert 14.000 clients dans le monde. Elle est pionnière dans la localisation de matériel par asset monitoring: le suivi d’équipements tels qu’une pompe à perfusion ou un frigo à médicaments. L’autre volet est celui de la sécurité physique des patients. «En EMS ou en gériatrie, ces capteurs protègent les patients atteints d’Alzheimer ou de démence, en prévenant s’ils quittent l’établissement.»

L’impression 3D

«Technologie qui faisait rêver il y a peu, l’impression 3D est maintenant devenue courante», a indiqué Juliette Lemaignen, chargée d’opérations au sein de la Fondation Inartis. Cette innovation créera des produits médicaux hautement personnalisés, adapté aux besoins physiologiques de chaque patient et à faible coût. «Les recherches se poursuivent en termes de matériaux: le métal, le verre,… Mais la vraie innovation sera la synthétisation de cellules. Actuellement, des travaux se penchent sur l’impression d’oreilles ou d’organes, par exemple.»

L’intelligence artificielle

Diagnostic précoce, dépistage d’épidémie, accélération du développement de médicament: l’intelligence artificielle transformera les soins en effectuant des tâches actuellement exécutées par des humains avec une rapidité et une précision accrues, pour un coût moindre. Cette innovation s’appuie sur la gestion des données médicales et donc leur confidentialité, un segment sur lequel Pierre-Mikael Legris et sa start-up Pryv sont précurseurs. Le cofondateur et CEO a lui-même souffert d’une leucémie, il y a quatorze ans. «Je devais parfois passer la journée à l’hôpital pour qu’on prenne mon poids ou ma tension. Je devais alors raconter une énième fois mon histoire. C’était épuisant.» La solution de Pryv est une banque de données personnelles qui facilite la capture des données, leur transmission jusqu’au médecin – avec l’accord du patient – et l’agrégation de celles-ci pour les rendre lisibles en un coup d’œil.

Les réseaux sociaux

Les médias sociaux sont potentiellement une source d’informations énorme en soin de santé; non seulement pour analyser les expériences des consommateurs mais aussi pour définir des tendances mondiales en temps réel. Benoît Dubuis l’a illustré avec l’exemple d’une épidémie. «Dans le cas d’Ebola, les populations n’ont pas pu se rendre dans les dispensaires, lacunaires. L’épidémie n’a ainsi pas été monitorée rapidement.» En réponse, l’épidémiologie digitale Cette discipline permettra de lire, d’interférer et de prévoir des pandémies, en temps réel, grâce aux réseaux sociaux.

Le point-of-care diagnostic

«C’est le b.a.-ba de la médecine personnalisée», a commenté Juliette Lemaignen. Ces tests sont conçus pour être utilisés par un infirmier, voire par le patient. Aujourd’hui, ils sont courants en matière de glycémie, grossesse ou VIH; que ce soit chez le médecin ou à la maison. Rapides et pratiques, de tels tests émergeront pour le cancer, la tuberculose ou encore les AVC. «En médecine préventive, cela permettra d’identifier, à l’avance, des soucis encore indétectables.»

Le patient augmenté

Les réalités virtuelle (VR) et augmentée (AR) bouleverseront non seulement l’univers du médecin mais aussi celui du patient, selon la spécialiste Caecilia Charbonnier, cofondatrice et directrice de la recherche de la fondation genevoise Artanim, un centre spécialisé en capture de mouvements. Du côté du soignant, ces technologies pourront notamment plonger les médecins dans le corps humain, créer des simulations en 3D des articulations des patients, voire leur mouvement, ou encore permettre la planification d’une prothèse sur-mesure. Du côté de la thérapie, la VR pourra immerger un accidenté de la route dans un univers plus agréable lors de ses séances de physiothérapie. «Pourquoi ne pas gamifier la réhabilitation, en lui donnant l’apparence dans un jeu vidéo, avec les objectifs cliniques en ligne de mire», a-t-elle proposé.

Les hôpitaux low-cost

Les «retail clinics» sont des centres de santé situés dans des supermarchés ou des centres commerciaux. Dans le futur, ils se chargeront des maladies mineures et de la prévention, Pratique et peu onéreux, ces sites de soins alternatifs offrent des heures d'ouverture prolongées, plus d'emplacements et des temps d'attente plus courts.

La télémédecine

Accéder au soin sans se déplacer: voilà l’avenir de la santé. Être capable de diagnostiquer, traiter et surveiller le patient à distance, c’est lui offrir la possibilité de contacts plus fréquents et moins coûteux avec le corps médical. Lionel Cavalliere, responsable du développement européen de la start-up lucernoise Médisanté a indiqué: «Le Bluetooth et le Wi-Fi ne fonctionnent pas dans les périphériques médicaux, car ces modes de connexion ne sont pas continus.» Face à ce constat, Médisanté propose une solution de télésanté clé en main, connectée par technologie cellulaire. Ce système sécurisé ne demande aucune configuration de la part du patient.

Sophie Marenne
AGEFI

 



Copyright © 2001 - 2019 Inter Group News All Rights Reserved