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La scale-up Ecorobotix, pionnière dans l’utilisation de l’IA dans le domaine agricole
 
Le 29-01-2019

Les «Applied Machines Learning Days 2019» ont lieu actuellement au SwissTech Convention Center de l’EPFL. Basée à Yverdon, Ecorobotix développe un robot autonome pour désherber les champs. Une technologie qui fait office de pionnière dans l’application de l’IA dans l’agriculture.

Les «Applied Machines Learning Days 2019» ont lieu actuellement au SwissTech Convention Center de l’EPFL. Ces journées constituent l’un des plus grands événements d’Europe dédiés à l’apprentissage automatique (machine learning) et à l’intelligence artificielle et sont axées sur leurs applications.

Si le secteur des jeux vidéo, de la médecine et de la recherche sont les domaines d’application les plus connus de l’intelligence artificielle, depuis quelques années, les innovations dans le domaine agricole se succèdent. L’une des pionnières dans l’agritech est l’entreprise vaudoise Ecorobotix.

Un traitement ultra-précis

Basée à Yverdon et créée en 2011, la scale-up développe un robot autonome, baptisé du même nom de l’entreprise, pour désherber les champs. Au lieu d’asperger toute la zone à traiter, Ecorobotix détecte les plantes indésirables et injecte une petite dose de produit, uniquement sur la mauvaise herbe à éliminer.

Ecorobotix est une machine apprenante. Ses algorithmes de reconnaissance des mauvaises herbes enrichissent, au fur et à mesure que le robot travaille, une banque d’images. Cette machine se veut différente de ce qui se fait actuellement sur le marché par son système d’alimentation en énergie et son mode d’action. Son désherbage se fait ainsi par pulvérisation plutôt que mécanique. Couvert de panneaux photovoltaïques, Ecorobotix peut travailler jusqu’à 12 heures par jour en continu. Par contre, si l’énergie solaire lui donne une totale autonomie, elle apporte peu de puissance. D’où l’avantage d'avoir misé sur une structure légère (130 kg pour 2,2 m de large et 1,7 m de long) qui, en plus, n’abîme pas la structure du sol.

Ce robot désherbe par pulvérisation ultra-localisée sur l’inter-rang mais aussi sur le rang. Il transporte deux réservoirs d’une vingtaine de litres qui alimentent des buses, placées au bout de bras articulés. À l’avant du robot, une caméra repère les mauvaises herbes. Les bras positionnent alors les buses justes au-dessus. Cette pulvérisation très précise permet de diviser la quantité de matière active utilisée par 20 par rapport à un passage en plein. Le robot se déplace à l’intérieur d’une zone délimitée par GPS et peut couvrir entre 1 et 3 ha/jour selon l’état de la parcelle et l’ensoleillement.

Une commercialisation plutôt en 2020

L’an dernier, l’entreprise vaudoise a conclu sa deuxième année d’expérimentation sur le terrain. Une douzaine de prototypes a en effet été testée en Suisse, en France, en Belgique et aux Pays-Bas. La scale-up a envoyé son robot à des coopératives et dans des centres européens d'agronomies. «Ce deuxième test grandeur nature s’est bien déroulé au niveau du hardware, commente Steve Tanner, CTO et cofondateur d’Ecorobotix. Il faut savoir que c’est un grand défi d’envoyer des machines à des personnes qui ne sont pas forcément des ingénieurs. Nous avons eu de nombreux retours sur les modifications à faire sur notre prototype. Le point à améliorer est l’identification des mauvaises herbes. Dans 80% des cas, notre système fonctionne bien. Il existe néanmoins certains cas où la particularité du terrain fait défaut à notre machine. On s’est aussi rendu compte que la banque d’images devait être enrichie tout au long de la journée, car selon la luminosité et les ombres, la détermination n’était pas toujours efficace. De plus, à certaines heures, les panneaux solaires génèrent des ombres qui mettent l’algorithme en défaut.»

Si ces essais grandeur nature ont mis en lumière les faiblesses d’Ecorobotix, ils ne sont pas sans conséquence. L’entreprise prévoyait en effet de mettre sur le marché son robot pour 2019. La commercialisation sera ainsi retardée d’une année. «Nous ne pouvons pas vendre un produit qui est efficace seulement à 80%. Nous allons nous atteler à faire les modifications nécessaires pour le lancer en 2020.» Le prix d’Ecorobotix, pas encore fixé, se situerait autour des 30.000 francs. Un retour sur investissement conséquent pour les agriculteurs qui utiliseraient «90% de désherbant en moins» avec Ecorobotix.

En phase de croissance, l’entreprise vaudoise a levé 10,6 millions de francs en mai dernier. Elle envisage un nouveau tour de financement pour juin 2020.

Matteo Ianni

AGEFI

 



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