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LakeDiamond signe avec un colosse émirien
 
Le 19-01-2019

Après les drones et l’horlogerie, le producteur de diamants synthétiques vaudois suscite l’intérêt dans le secteur de l’énergie.

Depuis sa fondation en 2015, la spin-off de l'EPFL LakeDiamond produit des diamants ultra-purs. Ces pierres précieuses ne sont pas destinées aux vitrines des bijouteries mais bien à des applications industrielles. La start-up vient d’ailleurs de signer un partenariat avec Taqa, un colosse du secteur de l’énergie basé aux Émirats arabes unis et actif sur quatre continents. L’objectif de cet accord: créer une solution de distribution d'énergie sans fil via des lasers, selon une technologie nommée power beaming.

Le projet sera lancé cette année au Maroc où Taqa – dont le nom signifie énergie en arabe – est le premier producteur privé d’énergie. Fondateur et CEO de LakeDiamond, Pascal Gallo explique: «Sur place, nous interviendrons dans la phase de transport d’une énergie préalablement produite par Taqa, de sources gazières ou solaires par exemple. Notre rôle sera de l’envoyer d’un point A à un point B, situé à plusieurs centaines de mètres de là.» En pratique, un faisceau de plusieurs milliers de lasers transmettra l’énergie à un récepteur composé de petites cellules photovoltaïques qui convertiront la lumière en électricité. Au lieu d'utiliser des électrons empruntant des câbles, l'énergie sera transportée par des photons voyageant dans les airs. «A l’envoi et à la réception, l’élément central de ce système, c’est le diamant de laboratoire», ajoute Jérôme Bailly, responsable marketing et communication de l’entreprise. «Ses propriétés en conductivité de lumière et chaleur sont essentielles.» Déjà utilisé sous l’angle militaire, notamment par l’armée américaine, l’usage du power beaming par la société vaudoise dans une application civile sera une première au niveau mondial.

Electrifier l’Afrique

Etape significative dans le développement de la start-up, l’accord a été signé mercredi par Pascal Gallo, CEO de LakeDiamond, et Saeed Hamad Al Dhaheri, CEO de Taqa, lors du sommet mondial sur les énergies du futur (WFES) à Abou Dhabi. Pour la firme émirienne détenue à hauteur de 75% par l’Etat, cette collaboration est un tremplin pour s’affranchir de coûteux investissements en infrastructures électriques. Actif dans onze pays, dont bon nombre sur le continent africain, Taqa répliquera en effet le modèle, une fois fonctionnel, à d’autres régions. «Cela permettra de désenclaver certaines zones d’Afrique qui n’ont pas accès à l’électricité, pour un budget moindre et une vitesse d’installation plus grande qu’avec des lignes électriques classiques», précise Jérôme Bailly.

La relation entre la jeune pousse suisse et la compagnie internationale s’est construite rapidement. En novembre dernier, la start-up a dévoilé au monde sa technologie de recharge de drones en vol. Cette innovation était la première application industrielle dans les lasers imaginée par LakeDiamond pour ses diamants synthétiques. Ce système permet à un laser d’alimenter des cellules photovoltaïques situées sur un engin volant et d’ainsi considérablement améliorer son autonomie. Le responsable de la communication se souvient: «Lors de notre première rencontre, les représentants de l’entreprise aboudabienne ont été très enthousiastes et ils ont eu une autre idée. Ils se sont concentrés sur le laser et ils ont suggéré: pourquoi ne pas utiliser ce système sur terre, pour remplacer les câbles?» Il ne s’est pas écoulé deux mois entre ce premier contact et la signature du partenariat. «Les pays du Golfe prennent des décisions plus rapidement que ce dont nous avons l’habitude en Europe, et en Suisse particulièrement».

Une ICO toujours en cours

L’accord signé avec Taqa est le deuxième partenariat industriel sur le carnet de commandes de de LakeDiamond. Précédemment, l’équipe composée d’une vingtaine de collaborateurs avait déjà conclu un contrat avec un important acteur de l'horlogerie suisse dont le nom est gardé secret. «Pour cette marque, nous fabriquons un mécanisme de haute complication entièrement en diamant de synthèse», précise-t-il. L’intérêt du diamant en micromécanique horlogère: son extrême dureté et l’absence de friction qu’il engendre entre les pièces.

Basée à la fois dans les laboratoires de l’EPFL – pour le volet scientifique – et sur le campus de l’EPFL Innovation Park, la start-up a comme activité première la croissance de diamants artificiels. A l’avenir, l’entreprise souhaite renforcer ses capacités de production par l’acquisition de nouveaux réacteurs pour atteindre un parc de 50 machines. La principale source de financement de la start-up est sa levée de fonds via jetons numériques. Lancée en octobre 2018, cette ICO (Initial Coin Offerings) se terminera mi-mars avec, en ligne de mire, un objectif maximum de 60 millions de francs. «Une cible ambitieuse. Le tour de table fonctionne par pallier et nous avons déjà dépassé l’étape du montant minimum viable, à quatre millions.» Chaque jeton de l’ICO correspond directement à des minutes de production de diamants artificiels. Mécanisme novateur, elle est assurée par l’établissement glandois Swissquote, une première pour un établissement bancaire.

Sophie Marenne
www.agefi.com

 



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