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Pour José Achache, la Suisse développe un solide écosystème dans les satellites
 
Le 11-09-2018

José Achache, CEO d’Altyn et directeur général de l’incubateur AP-Swiss, a déjà soutenu une vingtaine de start-up liées à l’espace et ses applications. Il estime que la Suisse développe un véritable écosystème dans ce domaine. Interview

Participant à la délégation économique à Tel Aviv début septembre, pilotée par la Fondation Nomads, José Achache, CEO d’Altyn est le directeur général de l’incubateur AP-Swiss, la plateforme ambassadrice de l’Agence spatiale européenne (ESA). Il est un fervent défenseur des atouts de la Suisse dans les technologies liées à l’espace et à l’exploitation des satellites. Il aimerait construire des synergies entre la Suisse, qui possède un bureau des affaires spatiales mais pas d’agence spatiale, et Israël, qui en possède une mais de petite taille.

Il revient de Tel Aviv où il accompagnait six start-up, Arcatrust, WeGaw, Involi, Touchless Automation, SevenSense and Komp-Act, qui ont fait leur pitch devant des investisseurs israéliens, lors de la huitième édition du DLD Festival.

Outre CEO d’Altyn, société de conseil en satellites basée à Genève et directeur général d'AP-Swiss - programme pour favoriser les applications commerciales de l'espace en Suisse - José Achache est président de Medialario, leader mondial des composants et systèmes optiques avancés pour l’espace, basé en Italie. Il est co-fondateur de Plani, un groupe basé à Paris dans la fourniture d'équipements et de services pour la production de programmes télévisés. Il est également investisseur et membre du conseil d'administration de plusieurs entreprises dans les domaines de l'espace, de la biotechnologie et de l'alimentation. Avec un important bilan dans l'espace, José Achache est le fondateur de Copernicus, programme de plusieurs milliards de l'UE pour l'environnement et la sécurité. Interview.

La première mission de l'Agence spatiale européenne (ESA) à être placée sous commandement helvétique se nomme CHEOPS (CHaracterizing ExOPlanets Satellite), équipé d'un télescope d'observation des exoplanètes développé à Berne et soumis à des tests de vibration chez Ruag Space à Zurich avant son lancement en Guyane. Est-ce prometteur pour la Suisse?

Très prometteur. La Suisse doit se faire connaître comme puissance spatiale et rentabiliser ses investissements dans l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Quand vous construisez un satellite, vous construisez tout un écosystème autour. C’est cet effet vertueux sur lequel la Suisse peut s’appuyer pour se développer à l’échelle mondiale. La communication optique, par exemple, est un domaine stratégique d’avenir, pour des raisons de sécurité, de fiabilité et de capacité illimitée. Avec les menaces de guerre de l’espace qui s'annoncent, la cybersécurité dans l’espace devient cruciale. La Suisse, avec des sociétés comme TAS-CH, Synopta et des projets comme QuSAT, est bien placée et possède tous les moyens pour construire une solide coopération avec ses voisins européens, ainsi qu’Israël.

Vous participiez justement au DLD Festival à Tel Aviv début septembre, sous l’égide de la Fondation Nomads, avec six start-up suisses. Quel bilan en tirez-vous?

Nous avons pu montrer aux investisseurs israéliens la qualité de nos start-up et la volonté de coopérer. Avec l’incubateur ESA BIC Swiss, nous avions 6 des 8 start-up présentes dans la délégation de Nomads Foundation. WeGaw, fondée par Ion Padilla, spécialisée dans l’agrégation de données satellitaires, de stations météorologiques et d’autres sources. Arcatrust, fondée par Patrick Trinkler, est une société de cyber-sécurité fournissant un environnement sécurisé (matériel et logiciel) pour exécuter toutes sortes d'applications sur le net.

Parmi les 4 start-up présentes au DLD Festival incubées au sein d’ESA (European Space Agency) BIC Swiss, Involi, fondée par Manu Lubrano figure parmi les 100 meilleures start-up de Suisse, selon le dernier classement Venturelab. Sa société propose des solutions de détection de vol et d'évitement de collision pour les pilotes et opérateurs de drones et autres parties intéressées pour un ciel sécurisé. C’est un véritable écosystème, qui se met en place en Suisse.

Quelle est la taille de cet écosystème, ainsi que son marché potentiel?

En Suisse, il existe plus de 150 start-up et entreprises actives dans les applications spatiales, ce qui représente un millier d’emplois. La Suisse investit quelque 160 millions de francs par an. Même si ce budget reste relativement faible - en comparaison de la France, l’Allemagne, l’Italie ou encore le Royaume-Uni, qui injectent plusieurs milliards dans le secteur - des innovations mondialement reconnues distinguent le pays sur la scène internationale. Outre Ruag (BE), qui réalise les coiffes de toutes les fusées Ariane; Spectratime (NL) équipe le système de géopositionnement européen Galileo; Geosatis bouleverse le marché mondial des bracelets électroniques et Swissto12, celui des antennes satellitaires et Astrocast et sa constellation de 80 nano-satellites pour étendre l’internet des objets aux zones non couvertes par les réseaux terrestres. Avec QuSAT, la Suisse se positionne aussi dans la distribution de clés quantiques par satellites, un nouveau domaine très prometteur et en plein essor.

Elsa Floret
AGEFI

 



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