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Les coûts réglementaires pèsent sur la capacité d’innovation du secteur medtech en Suisse
 
Le 05-09-2018

Techniques médicales. Malgré le poids de la législation européenne MDR/VDR, l’excédent commercial du secteur a été renforcé l’an dernier et les attentes sont positives.

L’industrie suisse des techniques médicales a vu son chiffre d’affaires progresser l’an dernier de 6,4% pour s’établir à 15,8 milliards de francs, soit à un rythme légèrement supérieur à celui enregistré en 2016 (+5,4%). Dans le sillage de la croissance annuelle moyenne de 5,9% observée sur les six dernières années, ainsi que le révèle la sixième étude sectorielle sur l’industrie suisse des technologies médicales (SMTI) présentée mardi soir à Berne par la faîtière Swiss Medtech et réalisée en collaboration avec le cabinet Helbling.

4000 emplois créés en l’espace de deux ans

Cet essor se poursuit à un rythme deux fois supérieur à celui de l’emploi dans le secteur en Suisse. Depuis 2012, l’augmentation annuelle des effectifs des entreprises de techniques médicales a augmenté à un rythme annuel de 2,6%, compte tenu d’une progression plus élevée l’an dernier, soit de 4,6%, portant le total des effectifs à 58.500 personnes, après une hausse de ceux-ci de 2,6% en 2016. Près de 4000 emplois ont ainsi été créés ces deux dernières années par l’industrie des techniques médicales en Suisse. Une évolution de l’emploi que les auteurs de l’étude ne manquent pas de comparer avec celle d’autres branches: l’horlogerie (-3,4% en 2017 et – 3,3% en 2016), l’industrie des machines dite MEM (-2%/-1,4%) et même le secteur pharma (-1%/+ 3,9%).

Dans l’ensemble, les résultats de l’étude tendent une fois de plus à illustrer la robustesse et la faculté d’adaptation de l’industrie locale. Ces dernières années, les entreprises ont su faire face, de manière active, à une baisse continue des marges et à la surévaluation du franc, et mis en place des programmes de remise en forme dont elles tirent les fruits. En dépit d’une concurrence internationale de plus en plus disputée, de la pression réglementaire et de son impact majeur actuellement sur les coûts. En deux ans, la productivité moyenne par employé des 1400 entreprises du secteur (25% de fabricants, 35% de fournisseurs, 15% de revendeurs et 35% de prestataires de services) a même augmenté de 10.000 francs pour être portée à 270.000 francs selon les auteurs.

Perspectives positives pour 2018 et 2019

Pour les deux prochaines années, plus des deux tiers des entreprises du secteur anticipent une croissance de leurs affaires. Une croissance prévisionnelle moyenne comprise entre 5% (grandes entreprises) et 24% (micro-entreprises) en 2018 et entre 4% et 20% pour 2019.

Le tableau ci-dessus illustre quant à lui la répartition par pays de l’excédent commercial, porté de 5,6 milliards de francs en 2016 à 5,9 milliards de francs l’an dernier, du secteur des techniques médicales en Suisse. Les dix pays illustrés représentent les neufs dixièmes de cet excédent. Les Etats-Unis (23%) et l’Allemagne (14%) plus d’un tiers de celui-ci, à la faveur d’une hausse particulièrement marquée des exportations vers les Etats-Unis.

Reste que les importations (+8% en deux ans) continuent à progresser à un rythme supérieur aux exportations (+6,6%). Depuis 2012, les importations ont en effet augmenté à un rythme annuel de 4,4%, contre une progression annuelle de 2,3% des exportations. Des chiffres qui ne concernent que les produits finis, compte non tenu du commerce de produits semi-finis.

R&D exposée

La dernière édition de l’étude, réalisée tous les deux ans, fait en outre apparaître cette fois-ci une dégradation des investissements dans l’innovation effectués dans le secteur. Les fabricants de dispositifs médicaux ont en effet investi en 2017 de 6% (pour les entreprises de plus de 250 employés) à 18% (pour les entreprises de petites tailles) de leurs chiffres d’affaires dans la recherche et développement (R&D) alors que cette part s’étendait de 9% à 29% selon la version précédente du rapport. Quant aux équipementiers ou fournisseurs du secteur, ceux-ci y ont investi l’an dernier une portion comprise entre 6% (entreprises de plus de 10 et de moins de 50 employés) à 8% (les plus petites et les plus grandes) de leurs chiffres d’affaires dans la R&D, alors que deux ans plutôt, la fourchette se situait entre 11% et 13%. Une évolution que les auteurs de l’étude attribuent au poids, particulièrement lourd pour les entreprises de moindre taille, des nouvelles réglementations de l’UE relatives aux dispositifs médicaux et aux diagnostics en vitro (MDR/VDR). Cette dégradation vient ainsi confirmer les craintes exprimées par les responsables d’entreprises deux ans plus tôt. Interrogés alors sur les principaux défis à relever par le secteur, ceux-ci mentionnaient en première place «le maintien de la capacité d’innovation» (79%).

Défis majeurs

Dans la dernière édition du rapport, les responsables interrogés mentionnent, au titre des principaux défis, en premier lieu (82%) les exigences rehaussées en matière de qualité et de documentation induites par les nouvelles réglementations. Un souci qui précède celui de la pression sur les coûts (77%), la difficulté à trouver en Suisse les compétences adéquates (76%) et les obstacles perçus comme plus élevés à l’accès aux marchés (74%).

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Piotr Kaczor

AGEFI

 



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