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Une start-up vaudoise veut uberiser les réservations des blocs opératoires
 
Le 19-07-2018

La start-up resot.care va lancer une plateforme de mise en relation entre les différents intervenants professionnels du domaine médical. L’objectif est de simplifier les réservations d’interventions chirurgicales ambulatoires, stationnaires et privées. Une innovation de taille dans le milieu hospitalier.

La question des délais d’attente pour les interventions chirurgicales non urgentes soulève des controverses et s’avère parfois déroutante. Aujourd'hui, des personnes souffrantes sont obligées d'attendre plusieurs mois pour une opération.

Comment en est-on arrivé à un tel engorgement? Les médecins des services concernés évoquent le manque de moyens, les problèmes d'effectifs, ou le fait que le politique, que les assurances veulent réduire l'accès aux soins pour des raisons d'économie. Peu importe la raison. Le constat est le suivant: le délai d’attente pour une opération est bien trop long.

Mais la donne pourrait changer. C’est en tout cas le challenge que s’est fixée une jeune start-up vaudoise, resot.care. Basée à Lutry, cette jeune entreprise, composée de trois associés, veut uberiser le système médical en lançant une plateforme qui regroupe les différents intervenants professionnels du domaine médical.

Le choix de l’établissement pour le médecin

«La plateforme resot.care opère sur trois fronts, explique Steeves Matthey-de-l’endroit, CEO et cofondateur de la start-up. Elle permet à chaque patient de diminuer son temps d’attente avant d’être opéré; à chaque médecin d’intervenir dans des lieux adaptés à ses exigences, ainsi qu’à chaque établissement de recevoir des demandes d’offres d’intervention selon ses critères. Notre mission est de simplifier les réservations hospitalières et d’accélérer la prise en charge des patients tout en sécurisant la transmission numérique du dossier patient.»

Son fonctionnement? Il est assez simple. Il faut dire que la plateforme s’adresse avant tout aux médecins. Ils doivent tout d’abord s’inscrire sur le site en créant leur profil puis en annexant leurs diplomes et leurs attestations. «La demande d’inscription à resot.care ne prend pas plus de 10 minutes. Néanmoins, en tant que plateforme professionnelle, nous passons en revue le profil de chacun de nos membres et c’est pourquoi nous validons les demandes d’inscription dans un délai de 48 heures,» précise le CEO.

Aussitôt inscrits, ils peuvent réserver gratuitement les lieux adaptés à leurs interventions sur la plateforme par journée, par demi-journée ou uniquement par cas pour leurs prestations ambulatoires et stationnaires. Pour ce qui est des prestations privées, ils peuvent également les réserver par heure d’utilisation de la salle opératoire.

Contre l’«effet Tarmed»

Si ce système permet aux médecins d’obtenir des disponibilités dans les plus brefs délais, il tend également à soulager les établissements hospitaliers. Il est bon de rappeler que l’une des raisons des délais d’attente pour les interventions chirurgicales est l’augmentation du nombre de patients qui viennent à l'hôpital pour des opérations en ambulatoire. On peut appeler cela l'effet Tarmed. Ce tarif a révisé fortement à la baisse la rémunération des opérations pratiquées en ambulatoire, où le patient n'a pas à passer de nuit à l'hôpital. Résultat: médecins et cliniques peuvent juger moins intéressant de pratiquer celles-ci. Resot.care se présente comme la solution au problème.

«En utilisant la plateforme, les établissements voient entre autres leur taux d’occupation augmenter, puisque ils reçoivent des demandes de médecins pour des interventions par journée, par demi-journée ou par cas liées aux prestations ambulatoires ou stationnaires et par heure pour les interventions du secteur privé.»

Moins de 10 francs par opération

Mais le grand gagnant reste le patient dans l’histoire. Si son dossier est transféré de manière sécurisée du médecin à l’établissement, c’est surtout la prise en charge qui est accélérée. Selon Steeves Matthey-de-l’endroit, pour une intervention qui demanderait 3 mois d’attente actuellement, avec resot.care, celle-ci serait de l’ordre de deux semaines. «Le patient étant au cœur de nos préoccupations, nous sommes convaincus qu’il est en droit d’exiger de vivre la meilleure expérience possible.»

Si le système se présente comme révolutionnaire dans le milieu, on peut se poser la question de la rémunération pour la start-up. Il se fait de deux manières: pour les établissements qui souhaitent obtenir des demandes d’offre, la mise en relation équivaut à un franc symbolique. Puis, pour chaque opération réservée via resot.care, le coût total correspond à moins d’une dizaine de francs.

Aujourd’hui, la plateforme est prête à être lancée sur le marché. Elle sera en ligne pour septembre 2018. Pour sa première année, l’entreprise vise à attirer 2500 chirurgiens sur la plateforme, ainsi qu’une centaine d’établissements médicaux. Le chiffre d’affaires visé est d’un million de francs pour 2019.

Une petite révolution qui commence déjà à faire du bruit près des frontières suisses. Ainsi, le CEO confie que des contacts ont déjà été lancés pour que le concept soit exporté en France, Belgique, Angleterre et Italie. Mais le premier défi sera de s’imposer dans une profession certes libérale, mais dans un milieu conservateur.

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Matteo Ianni

AGEFI

 



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