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Unilabs accélère son expansion en Suisse romande
 
Le 29-05-2018

Le rachat de Meditest par Unilabs marque le début d’une concentration dans l’analyse médicale en Suisse.

Depuis la baisse des tarifs d’analyses médicales, décidée il y a une dizaine d’années par l’ex-conseiller fédéral Pascal Couchepin, les laboratoires ont repris l’essentiel de ces activités pratiquées autrefois par les médecins eux-mêmes, du moins pour les plus répandues d’entre elles telles que les analyses sanguines ou les radiographies. Nombre d’entreprises ont émergé, parfois de simples cabinets, «mais aussi de gros acteurs de la branche, véritables chaînes de laboratoires, qui risquent de plus en plus de racheter les plus petits, observe un connaisseur du secteur. C’est inéluctable.» C’est ce qui vient de se produire jeudi dernier avec le rachat par Unilabs de l’entreprise Meditest, révélé samedi par «La Liberté».

Licenciements possibles

Fondée il y a quarante ans par Chin Beng Eap et toujours en mains familiales, Meditest est un acteur majeur dans le domaine du diagnostic en Suisse romande, expert dans le diagnostic général et spécialisé. Basée à Vevey, elle compte plusieurs enseignes en Suisse romande, à Neuchâtel, Yverdon, Lausanne et Montreux. Elle compte une centaine de collaborateurs, qui ont appris la nouvelle «avec une surprise totale», selon le quotidien fribourgeois, et «la possibilité d’un plan social» a été évoquée lors de l’annonce. Unilabs ne parle pas, pour l’heure, de licenciements. Mais, souligne la porte-parole Sharon Valdettaro, «comme pour toute acquisition, certains domaines amèneront des synergies et d’autres seront dédoublés. Avec ce rachat, nous sommes en train de revoir la structure future des opérations.»

Unilabs Suisse compte aujourd’hui 15 laboratoires et 25 centres de collecte de sang, et emploie 800 personnes. «Cette acquisition marque une étape stratégique pour Unilabs sur le marché suisse romand, précise Sharon Valdettaro. Dans ce contexte, Meditest compte de nombreux atouts. En élargissant la couverture régionale d’Unilabs, elle nous permet d’être plus proches de nos clients.»

La multinationale, créée en 1987 à Genève, est l’un des plus grands fournisseurs de diagnostic en Europe, qui offre des spécialités de laboratoire, d’imagerie et de pathologie au sein d’un même groupe. Elle compte 230 laboratoires d’analyse et 92 centres d’imagerie, principalement en Europe, mais aussi en Amérique du Sud et à Dubaï, avec 11 000 collaborateurs. Le groupe a poursuivi son expansion à l’international en 2017, sur les marchés tchèque et slovaque avec le rachat d’Alpha Medical, au Portugal avec la reprise de CGC Genetics et Base Holding et au Pérou avec l’acquisition de Blufstein. En août dernier, le CEO Jos Lamers confirmait dans l’«Agefi» la volonté de poursuivre son implantation sur ses principaux marchés que sont la France et la Suisse. De 900 millions d’euros actuellement (1,037 milliard de francs), Unilabs espère atteindre un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros (2,3 milliards de francs) d’ici à 2020.

Automatisation

«Il y a un risque que les grands groupes mangent tout, analyse un observateur. Ils passent des accords avec des réseaux de soins, des hôpitaux, car ils sont en position de force, notamment sur les prix.» L’analyse sanguine s’est aujourd’hui passablement automatisée, et les examens sont plus poussés et plus larges qu’autrefois. «De gigantesques chaînes robotisées analysent un échantillon sanguin, par exemple, et trient le nombre de globules rouges, les différents types de globules blancs, etc., poursuit-il. Sans compter qu’il y a aujourd’hui davantage de marqueurs de maladies, comme le Prostate Specific Antigen, ou le marqueur d’inflammation, ou de maladies du foie et des intestins, entre autres.» Le spectre des renseignements tirés d’une analyse s’est élargi grâce à ces nouvelles techniques. «Mais elles sont très coûteuses, et seules de grandes sociétés peuvent les acquérir et les rentabiliser grâce à leur nombre élevé de clients.» Du côté d’Unilabs, on nuance le propos: «L’automatisation joue un rôle, mais ce n’est pas le seul dans notre organisation. Le facteur humain reste un élément clé de notre activité», explique Sharon Valdettaro

Par Ivan Radja
24heures.ch

 



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