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Echoue encore, échoue mieux
 
Le 14-05-2018


Ce que l’écran figé de votre ordinateur et l’explosion d’une fusée nous apprennent sur les erreurs informatiques: la chronique de Martin Vetterli

Alors que j’écrivais ce texte sur mon ordinateur, l’écran s’est soudainement figé et le logiciel a planté. Ce n’était pas la première fois: il doit donc y avoir une sorte de «bug» dans mon ordinateur (c’est ainsi que nous appelons les erreurs logicielles). Heureusement, c’est une erreur inoffensive qui a fait planter mon logiciel domestique, mais des dommages plus graves peuvent se produire. Prenez l’exemple d’Ariane 5, une fusée européenne géante qui a explosé moins d’une minute après son premier lancement, en 1996. La cause en était une bête petite erreur dans le logiciel de la fusée.

L’origine du mot «bug» en informatique

Mais d’abord, pourquoi y a-t-il des erreurs informatiques appelées «bugs»? Aux premiers âges des ordinateurs, il y avait peu de machines en service. En 1947, l’un de ces ordinateurs s’est mis soudain à produire des résultats incorrects. Lorsque les ingénieurs de l’époque ont inspecté la machine pour trouver ce qui avait bien pu provoquer cette panne soudaine, il s’est avéré qu’elle était due à la présence d’une mite, coincée dans l’un des commutateurs électromagnétiques (à cette époque, les ordinateurs utilisaient toujours des commutateurs électromagnétiques dans leurs éléments centraux). En d’autres termes, il y avait littéralement une bestiole, un «bug» en anglais, dans la machine! Les erreurs informatiques avaient trouvé leur nouveau nom.

Le mot «bug» est utilisé couramment aujourd’hui en dehors du domaine informatique, mais qu’est-ce au juste qu’un «bug» dans le contexte des ordinateurs? Prenons un exemple d’un autre siècle pour l’illustrer, le fameux «bug de l’an 2000», le «Y2K Bug», appelé aussi «Millenium Bug». La plupart d’entre vous en ont entendu parler, puisqu’il a été à la une des médias presque tout au long de l’année 1999.

Problème de code

Le problème est apparu parce que les programmeurs utilisaient un code à deux chiffres pour stocker l’année dans les dates (1957 était simplement enregistré comme 57). Le hic, c’est que, avec cette façon de faire, il était impossible de distinguer l’année 2000 de l’année 1900, et dès lors le passage de 1999 à 2000 pouvait provoquer un saut dans le passé de 99 ans pour les ordinateurs! Il s’agissait d’une erreur prévisible, susceptible de conduire à toutes sortes de comportements bizarres. Par exemple, un programme chargé de calculer les intérêts sur un compte en banque aurait pu tout d’un coup ajouter 99 ans d’intérêts!

Heureusement, rien ne s’est passé car, en réalité, la plupart des défaillances possibles liées au bug de l’an 2000 ont été résolues avant le début du nouveau millénaire, prévenant ce qui aurait pu s’avérer catastrophique dans des domaines tels que l’énergie, les infrastructures, la finance ou les appareils médicaux.
Dans deux décennies, nous aurons de nouveau l’occasion de voir quels progrès ont été réalisés dans la gestion des «bugs» liés aux dates. En 2038 en effet, nous ferons face à une nouvelle situation de type «bug de l’an 2000», résultant d’une manière plus récente de stocker les dates dans les ordinateurs, sous la forme du nombre de secondes écoulées depuis le 1er janvier 1970. En 2038, ce nombre de secondes écoulées sera trop grand pour un format-conteneur à 32 bits. Il reviendra donc à zéro.

Martin Vetterli
LE TEMPS

 



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