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Une étude de l’EPF examine l’impact de l’industrie MEM sur l'environnement
 
Le 10-07-2018
de Swissmem

Lors de la Journée de l’industrie 2018, Swissmem a présenté les résultats d’une nouvelle étude sur l’impact de l’industrie MEM sur l'environnement. L’analyse de l’EPF Zurich met en exergue l’importance qu’ont les chaînes de sous-traitants internationaux et l’accès aux marchés mondiaux pour l’industrie MEM suisse, ainsi que où se trouvent les plus grands leviers pour réduire les émissions et préserver les ressources.

À la demande de Swissmem, l’institut pour le génie écologique de l’EPF Zurich a réalisé une analyse des répercussions sur l'environnement de l’industrie MEM suisse. Les conclusions les plus importantes ont été présentées au public le 19 juin à l’occasion de la Journée de l’industrie 2018 sous le titre « Construire l'avenir - Une industrie high-tech au service d’une économie durable ».

L’équipe de chercheurs de l’EPF a analysé l’impact sur l’environnement de l’ensemble de l’industrie MEM et de ses divers secteurs. Pour la quantification et l’analyse, elle s’est basée sur les « tableaux d’input-output multirégionaux étendus à l'environnement ». Cette méthode permet d’illustrer les flux monétaires, les émissions et les flux de matériaux au sein des cycles économiques internationaux et des chaînes de sous-traitants. L’analyse a été complétée par des études de cas de groupes de produits choisis. L’étude considère trois catégories de répercussions sur l'environnement : le changement climatique (soit les émissions de gaz à effet de serre), l’acidification et les émissions de particules fines.

L’industrie MEM a un impact sur l’environnement sous deux aspects : d’une part, par le biais de ses processus de production en Suisse et dans les chaînes de sous-traitants étrangers ; d’autre part, par le biais de l’utilisation des appareils, machines et installations qu’elle produit par des clients du monde entier.

Potentiel le plus élevé dans la chaîne de sous-traitants étrangers

L’étude de l’EPF montre à quel point l'industrie suisse est imbriquée à l’échelon international. La part de loin la plus grande des répercussions sur l'environnement provient de la fabrication des produits MEM suisses par les sous-traitants étrangers. Concrètement, environ 80% des émissions de gaz à effet de serre, 85% de l'acidification et 95% des émissions de particules fines sont produites à l’étranger.

Si les processus de production sont délocalisés à l’étranger, cela s'exprimera par une augmentation des émissions. Ceci est dû au fait que l’industrie MEM suisse produit en émettant peu d’émissions en comparaison internationale. Divers facteurs y contribuent : d’une part, l’industrie suisse profite d’un mix électrique pauvre en CO2 qui se répercute positivement sur tous les effets analysés. De plus, les entreprises MEM ont investi dans des mesures pour augmenter l'efficacité et substituer les combustibles fossiles et les matériaux polluants. Et finalement, le mix des branches suisses a aussi une influence avec sa faible part d’industries de base consommant beaucoup d’énergie.

Pour Swissmem, une chose est claire : si nous parvenons à maintenir en Suisse la production industrielle, cela sera non seulement bénéfique aux entreprises et à leurs collaborateurs, mais aussi à l’environnement. L’étude montre aussi que le plus grand potentiel pour les mesures visant à réduire les émissions se trouve dans la chaîne des sous-traitants étrangers. Sur ce point, les entreprises suisses n’ont qu’une influence partielle. La politique peut les soutenir par le biais de la révision en cours de la loi sur le CO2 pour la période après 2020. Elle peut par-là garantir le fait que les mécanismes de marché internationaux prévus par l’accord de Paris sur le climat, puissent être une fois aussi utilisés par les entreprises suisses.

Même si le levier le plus grand se trouve dans la chaîne des sous-traitants, la Suisse présente encore un potentiel pour des mesures visant à réduire les émissions et à augmenter l'efficacité. L’expérience montre que chaque entreprise présente un potentiel encore non découvert qui vaut la peine d’être exploité et a aussi souvent des répercussions économiques. Des organisations telles que l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC) ou Reffnet soutiennent les entreprises depuis longtemps déjà pour trouver et exploiter ces potentiels. La future loi sur le CO2 peut aussi y contribuer en permettant à toutes les entreprises intéressées de prendre des engagements en matière de réduction des émissions en les dispensant de la taxe sur le CO2.

Effets d'échelle grâce à des produits MEM optimisés

L’étude des processus de sous-traitance et de production fournit certes une image instructive, mais incomplète des répercussions de l’industrie MEM suisse sur l'environnement. Car les produits MEM eux-mêmes y jouent un rôle très important. Une grande partie des machines, installations, appareils et composants produits par les entreprises MEM suisses sont utilisés dans le monde entier par les clients depuis des années, voire des décennies, parfois pratiquement sans interruption. Ces produits ont souvent un impact plus grand sur l’environnement au cours de la phase d’utilisation que la phase de production. Ce fait connu déjà depuis longtemps est à nouveau confirmé par les auteurs de l’étude de l’EPF.

Il est donc clair de quelle manière l’industrie MEM suisse peut contribuer au mieux à la protection globale de l'environnement : en misant sur un design de produit innovant et ciblé (connu aussi sous le nom d’écodesign) pour des produits efficients et peu polluants. L’effet d’échelle qu’il est ainsi possible d’atteindre dépasse souvent de loin l’impact sur l’environnement dû à la production de ces produits.

Plaidoyer pour des marchés ouverts

L’optimisation peut atteindre un point (le « Tipping Point ») où l’impact sur l'environnement lors de la production est presque le même que lors de l’utilisation. Ce qui signifie que dans l'ensemble de plus amples mesures d’efficacité pour l’entreprise, qui entraîne une charge plus grande d’énergie et de matériaux lors de la fabrication, ne peuvent plus améliorer la prestation du produit au niveau de l'environnement. Ce Tipping Point est parfois déjà atteint par certains produits MEM s’ils sont utilisés dans un pays au mix électrique pauvre en émissions de CO2. Si, par contre, le même appareil était utilisé en Chine ou en Pologne, le potentiel de réduction serait considérable.

L’effet positif que peut avoir une machine ou une installation optimisée sur l'environnement dépend fortement de où elle est utilisée. Le mix électrique joue un rôle décisif. Si une installation optimisée est exploitée dans un pays avec une part élevée d’électricité produite à partir du charbon, elle permet d’économiser nettement plus de gaz à effet de serre ou d’émissions de fines particules qu’en Suisse.

Pour Swissmem, il s’agit là d’un argument fort pour la garantie des marchés ouverts. Ce n'est que si l'accès aux marchés mondiaux reste libre que la technologie suisse pourra contribuer à une économie durable dans le monde entier. Un isolement de la Suisse ne nuit pas seulement à l’industrie suisse, mais aussi à l’environnement.

Étude de l'EPF sur l’impact de l’industrie MEM sur l'environnement (en allemand)

Auteur : Sonja Studer

 



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