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L’Idiap chasse les pépites de demain en dehors de nos frontières
 
Le 02-05-2018
de MicroTech Industry® - News des associations et de la formation

L’institut de recherche basé à Martigny, l’Idiap, se renforce dans les technologies financières et la santé numérique. Avec le Groupe Mutuel et l’accélérateur de start-up Fusion, il lance InnoPeaks, une plate-forme d’open-innovation.

Les firmes sélectionnées pourront disposer de l’infrastructure et des conseils du centre spécialisé en intelligence artificielle et en biométrie de Martigny durant trois mois. «Il ne s’agit pas vraiment d’un prix au sens premier du terme mais plutôt d’un accélérateur d’entreprises. L’ambition est d’attirer une dizaine de jeunes pousses par année», précise François Foglia, directeur-adjoint de l’Idiap.

Les sociétés seront sélectionnées sur dossier. «Nous voulons attirer les meilleurs dans les technologies liées à la santé numérique et aux assurances», ajoute le directeur-adjoint pour qui le secteur subit de plein fouet la numérisation avec l’arrivée de nouveaux acteurs comme les GAFA.

«Les assureurs-maladie n’ont pas le choix: ils doivent rentrer dans le train de l’innovation pour ne pas se faire dépasser», poursuit François Foglia. Le concours est ouvert aux start-up du monde entier.

Est-ce à dire que la Suisse n’a pas un réservoir de jeunes pousses assez grand? «Je ne pense pas, répond le directeur-adjoint. Celui qui est également chercheur souligne que la Suisse est très bonne en matière d’innovation dans la pharma et la finance mais un peu moins dans l’informatique. Et en lançant cette récompense, l’Idiap désire aller à la chasse aux bonnes idées qui viennent de l’extérieur. «Le but est que les firmes étrangères se développent chez nous, même si en matière administratif tout n’est pas simple pour elles», déclare François Foglia. Pour le scientifique, il ne faut pas se couper de l’étranger. Les autres pays ne sont pas confrontés aux mêmes problématiques, mais ce qu’ils développent sont peut-être les solutions d’avenir.

Une science pas à la mode

Le responsable croit aussi beaucoup en l’échange d’expériences internationales pour développer l’innovation. Son institut de recherche compte une trentaine de nationalités différentes pour 120 collaborateurs.

Pour attirer de nouvelles jeunes pousses, le site technologique mise sur la proximité de ses chercheurs. «Comparé à l’immense navire de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), nous sommes une structure à taille humaine où les contacts entre scientifiques se font plus facilement», déclare François Foglia.

Le directeur-adjoint ne pense d’ailleurs pas que l’établissement de formation vaudois lui fasse concurrence: «Nous sommes complémentaires», indique-t-il. Si l’Idiap dispose aujourd’hui d’une renommée internationale, cela n’a pas toujours été le cas.

L’intelligence artificielle date des années 70. «Nous n’avons rien inventé. Lorsque l’institut est sorti de terre en 1991, il a fallu faire un grand travail de terrain pour attirer les chercheurs et récolter des fonds.», confie François Foglia. Et un tournant a lieu au début des années 2000, période durant laquelle l’intelligence artificielle est paradoxalement considérée comme has been, comme quoi la science est aussi une question de mode.

Prévenir les avalanches

Aujourd’hui, la numérisation a reboosté l’intelligence artificielle. Au côté du big data, le centre s’occupe aussi de domaines contenant un nombre limité de données. «Je pense notamment aux avalanches. Nous n’avons que très peu d’informations sur ce phénomène naturel. Il est par conséquent très dur de le prévenir», explique le directeur-adjoint.

L’année passée, l’Idiap a participé à 65 projets de recherche. Il a publié 104 articles scientifiques. Et 5 thèses de doctorat y ont été soutenues.

Sur le plan financier, il est appuyé à hauteur de 45% par la Confédération, le canton du Valais et la ville de Martigny. «Nous nous battons tous les 4 ans pour bénéficier de l’argent de Berne. Mais nous ne sommes pas à plaindre. Les sources de financement sont nombreuses tant sur le plan helvétique qu’européen», indique François Foglia. L’Idiap participe à des projets de recherche mis en place par la Suisse, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis. Ces participations représentent 45% de son financement. Les 10% restants sont issus de relations industrielles et Innosuisse. Le budget annuel du centre tourne autour des 11 millions de francs.

A l’avenir, l’Idiap compte bien rester ancré dans le paysage scientifique. «Il ne faut pas croire que nous sommes bons, il faut toujours le prouver», note le chercheur. Autre défi à venir: le départ du directeur, Hervé Bourlard, ces prochaines années. Le recrutement de doctorants ne constitue, par contre, pas un problème. Le site technologique a reçu 1600 CV, l’année passée. Par contre, au niveau des ingénieurs, c’est un peu plus difficile de régater face à la concurrence de Google et d’Amazon. «Nous avons des limites financières au niveau du salaire que les géants du numérique n’ont pas», conclut François Foglia.

KeyLemon ou les clés de la reconnaissance faciale

Une vingtaine de start-up sont en incubation à l’Idiap, souligne François Foglia, co-directeur du centre de recherche installé à Martigny. L’institut spécialisé dans l’intelligence artificielle sort une à deux spin-off par année en moyenne. Parmi elle, KeyLemon s’est démarquée. Fondée en 2008, la start-up a gravi tous les échelons. La société informatique vient d’être rachetée par le spécialiste autrichien des semi-conducteurs AMS. «La stratégie de combiner hardware et software de pointe et de garder l’équipe en Valais nous a séduit à privilégier leur offre de rachat », précise Gilles Florey, directeur de KeyLemon. Le fabricant autrichien, coté à la Bourse suisse, fournit notamment Apple en capteurs 3D. Au premier trimestre, il a réalisé un bénéfice net de plus de 77 millions de francs.

De nombreux soutiens

L’histoire de KeyLemon a débuté en automne 2006, dans le cadre du programme Business Experience de la HES-SO Valais/Wallis. Sous l’égide du Professeur Antoine Perruchoud, les premiers travaux ont été lancés, en collaboration avec Yann Rodriguez, alors à l’Idiap. La Fondation The Ark a ensuite pris le relais en soutenant KeyLemon avec une bourse, puis en l’incluant dès mi-2008 dans son incubateur de start-up. Tout au long de ce processus, le Centre de cautionnement et de financement (CCF) a régulièrement soutenu la jeune pousse. En 2013, à l’occasion d’une levée de fonds d’1,5 million de francs, le groupe pharmaceutique vaudois Debiopharm et Swisscom Venture prennent une participation dans la start-up. Swisscom entre alors aussi au conseil d’administration de l’entreprise. Aujourd’hui, KeyLemon emploie 14 collaborateurs à son siège de Martigny. Ces derniers viennent gonfler les effectifs d’AMS qui compte 11'000 employés.

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Maude Bonvin

AGEFI

 



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